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Déclaration de politique générale
Priorités de la communauté
économique internationale pour un nouveau cycle de négociations
commerciales multilatérales
Commission
des politiques du commerce et de l'investissement internationaux, 21 juin 1999
Version
anglaise
L'accès au marché dans une économie mondiale
intégrée
La communauté économique internationale, représentée
par ICC, est fermement convaincue qu'un système multilatéral ouvert,
facilitant la circulation internationale des marchandises, des services et des
investissements, est un puissant levier pour l'amélioration du niveau
de vie et la création d'emplois, dans toutes les régions du monde.
Pendant près d'un
demi-siècle, ICC a apporté un ferme soutien aux cycles de négociations
successifs organisés sous l'égide du GATT pour libéraliser
le commerce mondial. Nous avons été particulièrement favorables
aux ambitieuses négociations de l'Uruguay Round, qui ont abouti à
des réductions sans précédent des obstacles tarifaires
et non tarifaires au commerce et ouvert un processus d'extension des règles
multilatérales à de nouveaux domaines touchant aux échanges
qui sont d'une importance majeure pour la communauté économique
internationale.
Nous nous sommes chaleureusement
félicités de la création de l'Organisation mondiale du
commerce (OMC) qui, avec son mécanisme renforcé de règlement
des litiges, constitue une nouvelle institution puissante en matière
d'élaboration et d'application des règles intergouvernementales
mondiales.
L'Uruguay Round a été
un grand pas en avant vers l'amélioration des règles de base et
la réduction des obstacles aux échanges transfrontaliers auxquels
se heurtent les entreprises. Mais le monde d'aujourd'hui n'est plus le même
que celui de 1986, année de lancement du Round. Les années écoulées
ont été marquées par une nette accélération
du rythme et de la propagation du développement technologique, et par
une intégration du marché mondial d'une rapidité phénoménale.
Le 'commerce' au sens traditionnel
des mouvements transfrontaliers d
e marchandises et de services n'est plus de
nos jours qu'une partie de ce qui forme le marché mondial, et il ne suffit
plus de se focaliser sur les obstacles au 'commerce' comme principale entrave
aux affaires internationales. L'accent doit aujourd'hui être mis sur une
conception beaucoup plus large de l'accès au marché - sur des
règles internationales pour des activités économiques à
l'échelle planétaire.
Dans toutes les régions,
la mondialisation confronte la société à de grands défis,
mais ouvre aussi d'énormes possibilités. De saines règles
multilatérales sont essentielles pour régir le marché et
assurer le fonctionnement sans heurt et la bonne gestion de la mondialisation.
Les marchés, comme la liberté, ne sont viables que dans un cadre
bien établi de règles. Il incombe aux gouvernements, avec l'aide
des milieux d'affaires, de coopérer étroitement pour rechercher,
entre liberté et réglementation, l'équilibre le plus favorable
à la création de richesses et d'emplois par les entreprises.
Un nouveau
'round' pour la nouvelle OMC
La troisième conférence ministérielle de l'OMC se tiendra
à la fin de 1999 à Seattle, aux États-Unis. Il est probable
que les ministres décideront à cette occasion de lancer un nouveau
cycle de négociations multilatérales - déjà baptisé
'Millennium Round' par les commentateurs.
ICC soutient le lancement
à Seattle d'un nouveau cycle de négociations qui s'ouvrirait en
2000.
- Nous pensons que le moment
est bien choisi. Des négociations doivent déjà s'ouvrir
l'année prochaine dans les importants secteurs de l'agriculture et
des services, dans le cadre du programme incorporé convenu lors de
l'Uruguay Round. Le nouveau cycle devrait 'donner asile' à ces négociations
et les compléter par d'autres, dans plusieurs domaines où des
règles nouvelles ou améliorées sont maintenant nécessaires,
tant pour les gouvernements que pour les entreprises.
- Le lancement d'un nouveau
cycle de grande portée aurait en outre pour effet positif de signaler
aux acteurs commerciaux et aux investisseurs du monde entier que les gouvernements
s'engagent non seulement à préserver l'ouverture des marchés,
mais aussi à réduire les obstacles restants à l'accès
au marché - ce qui contribuera de manière significative à
rétablir la confiance dans les perspectives de reprise de l'économie
mondiale, après la crise des marchés émergents.
- L'un des principaux
objectifs du cycle devrait être de défricher de nouvelles terres
en élaborant des règles multilatérales qui permettent
aux entreprises de se concurrencer librement et équitablement sur le
marché planétaire. L'élargissement de l'accès
au marché exigera inévitablement la mise en place de nouvelles
disciplines multilatérales pour les régimes nationaux de réglementation.
- Nous considérons
par ailleurs que les gouvernements membres de l'OMC doivent définir
des procédures, y compris des dates limites précises pour les
différentes étapes et un examen régulier des progrès
au niveau ministériel, afin d'assurer l'achèvement du nouveau
cycle dans un délai relativement bref, qui pourrait être de trois
ans. De fermes engagements doivent être pris pour éviter le renouvellement
des retards qui ont marqué l'Uruguay Round. L'établissement
des règles multilatérales doit s'adapter au rythme accéléré
de l'évolution du marché mondial et s'aligner sur le changement
rapide des réalités économiques et des besoins des entreprises.
Objectifs
clés des entreprises pour le nouveau cycle
Dans l'attente de l'ouverture d'un nouveau cycle de négociations commerciales
multilatérales, ICC souhaite exposer les grandes lignes des objectifs
de l'exercice prioritaires aux yeux de la communauté économique
internationale. Une fois les négociations lancées, nos experts
présenteront aux gouvernements des recommandations détaillées
sur les questions à l'ordre du jour du nouveau cycle.
Pour l'instant, ICC continue
d'attacher la plus haute importance à l'application pleine et entière,
dans les délais prévus, des engagements pris par les gouvernements
au cours de l'Uruguay Round et des négociations multilatérales
ultérieures sur les questions restées en suspens. Il est essentiel,
pour la poursuite de la libéralisation du commerce mondial dans le contexte
du nouveau cycle, que la lettre et l'esprit de ces accords soient observés
et que toute mesure unilatérale ou extraterritoriale soit évitée.
Le rôle et l'autorité du mécanisme de règlement des
litiges de l'OMC, dont les règles et procédures doivent être
clarifiées et améliorées, le cas échéant,
à la lumière de l'expérience récente, doivent de
même être strictement respectés.
Services
ICC a de longue date défendu l'inscription des services à l'ordre
du jour de l'Uruguay Round. Nous avons chaleureusement salué la signature
de l'Accord général sur le commerce des services (GATS) et l'extension
des règles multilatérales au commerce international de services.
Bien que les résultats de l'Uruguay Round aient été quelque
peu décevants en termes d'engagement individuel des pays à accorder
l'accès au marché, le GATS a prouvé son utilité
avec le succès des accords de 1997 sur la libéralisation des télécommunications
de base et des services financiers.
- L'une des premières
priorités du nouveau cycle doit être d'augmenter le nombre et
d'améliorer la qualité des engagements nationaux en matière
d'accès au marché et de traitement national au titre du GATS,
y compris dans les secteurs clés des télécommunications
de base et des services financiers, où d'importants progrès
ont déjà été accomplis.<
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- ICC soutient la poursuite
des efforts engagés pour libéraliser les services de transport
maritime, à condition que cette libéralisation soit substantielle
et qu'aucune pratique restrictive s'appuyant sur des droits d'antériorité
ne soit acceptée. Des engagements significatifs et exhaustifs en matière
d'accès au marché, y compris le libre établissement de
services maritimes et connexes, par une masse critique prédéterminée
de pays, sont essentiels pour tout nouvel accord du GATS sur les services
de transport maritime.
- Bien que le secteur
du transport aérien offre des aspects particulièrement difficiles
à libéraliser au niveau multilatéral, ICC estime qu'un
premier pas pourrait et devrait être fait avec le transport aérien
de marchandises.
- Nous recommandons également
que le nouveau cycle de négociations vise à libéraliser
les services postaux et les livraisons rapides, et à élaborer
des disciplines multilatérales dans le domaine de la réglementation
nationale des services professionnels, en vue de leur intégration dans
le GATS, sous forme de dispositions obligatoires.
- Les déplacements
du personnel professionnel, technique et directorial hors des frontières
nationales, à des fins liées au commerce et aux investissements
internationaux, sont vitaux pour les entreprises et en particulier pour les
prestataires de services. Nous recommandons donc que la circulation des personnes
physiques soit traitée comme une question prioritaire dans le cadre
des négociations du GATS.
- La libéralisation
des marchés publics de services reste un objectif important pour la
communauté économique internationale, car elle ouvrirait à
la concurrence internationale un vaste marché potentiel.
- Enfin, ICC recommande
que les nouvelles négociations sur les services s'inspirent, de manière
générale, du précédent des principes favorables
à la concurrence du texte de référence accompagnant l'accord
de 1997 de l'OMC sur les services de télécommunication de base.
Agriculture
Le nouveau cycle doit accélérer le processus engagé au
cours de l'Uruguay Round en vue de réduire les importants obstacles protectionnistes
qui entravent et faussent gravement le commerce des produits agricoles - et
qui sont particulièrement préjudiciables à la capacité
d'exportation de nombreux pays en voie de développement. L'objectif doit
être de soumettre progressivement ce secteur à la concurrence internationale,
grâce à :
- de nouvelles réductions
substantielles des tarifs douaniers, afin d'améliorer l'accès
au marché ;
- une élimination
progressive des subventions à l'exportation ;
- la r&eac
ute;duction
des aides nationales aux agriculteurs, en éliminant les subventions
qui encouragent la surproduction et faussent le commerce ;
- l'encouragement de règlements
de sécurité alimentaire reposant sur un consensus scientifique
en matière de risques ; et
- l'acceptation de nouvelles
normes reconnaissant le rôle du commerce dans la sécurité
alimentaire.
Obstacles tarifaires
et non tarifaires
Le GATT a accompli d'immenses progrès en démantelant les obstacles
tarifaires au commerce international, mais son travail n'est nullement terminé.
En concertation avec les entreprises, les négociateurs du nouveau cycle
devraient :
- substantiellement réduire
les tarifs de pointe et les droits différentiels ;
- éliminer les
droits déjà très bas ;
- étendre les consolidations
tarifaires, en particulier en ce qui concerne les produits encore soumis à
des droits élevés ; et
- inclure de nouveaux
signataires dans les accords zéro-pour-zéro et d'harmonisation
tarifaire.
L'amélioration de
l'accès au marché par la poursuite de la baisse des droits de
douane devraient être complétée par une réduction
plus efficace des obstacles non tarifaires. Afin d'empêcher l'utilisation
abusive de mesures antidumping, nous soutenons une approche plus harmonisée
et disciplinée de l'application de l'instrument antidumping.
Investissement international
La distinction classique entre commerce international et investissement étranger
direct (IED) ne reflète plus les réalités de la vie économique.
Le commerce et l'investissement sont, de plus en plus, des moyens de fournir
le marché mondial complémentaires et s'étayant mutuellement.
Les entreprises n'investissent plus à l'étranger principalement
pour contourner les obstacles commerciaux, mais pour optimiser leur efficacité
productive.
Le monde, en un demi-siècle,
a élaboré un corpus complet et uniforme de règles multilatérales
régissant le commerce international, mais l'investissement transfrontalier
demeure l'objet d'une véritable mosaïque de règles contenues
dans plusieurs centaines de traités bilatéraux sur l'investissement,
dans d'autres accords commerciaux et dans quelques accords de l'OMC.
ICC considère que
l'IED joue aujourd'hui un rôle trop important dans la prospérité
de l'économie mondiale pour rester le jouet d'une multitude d'instruments
juridiques enchevêtrés - avec les coûts, la confusion et
les risques de conflits juridiques qui en découlent. Nous appelons instamment
les gouvernements à saisir l'occasion de ce nouveau cycle pour poursuivre
la création, dans le cadre de l'OMC, de normes multilatérales
strictes protégeant et libéralisant l'investissement étranger,
de manière
à apporter une plus grande sécurité aux
énormes investissements directs déjà réalisés
et à encourager leur rapide augmentation, maintenant que des pays de
toutes les régions du monde espèrent en attirer.
Commerce et environnement
ICC souhaiterait que les gouvernements prennent garde de ne pas saper les règles
du système commercial multilatéral par certaines politiques en
matière d'environnement, et veillent en particulier à ce que ces
politiques ne soient pas abusivement utilisées à des fins protectionnistes.
Le nouveau cycle de négociations devrait :
- définir pour
l'utilisation de mesures commerciales contenues dans des accords multilatéraux
sur l'environnement des critères compatibles avec les règles
de l'OMC; et
- clarifier l'application
de l'accord de l'Uruguay Round sur les obstacles techniques au commerce aux
systèmes de plus en plus nombreux de labels écologiques, compte
tenu de leur potentiel de création de facto d'entraves au commerce.
Dans le cadre d'une stratégie
plus générale de conciliation des préoccupations commerciales
et environnementales, ICC souligne auprès des négociateurs du
nouveau cycle les avantages environnementaux significatifs qui découleraient
de fortes réductions des énormes subventions allouées à
l'agriculture, aux pêcheries et à l'énergie.
Facilitation du commerce
Les avantages de la libéralisation du commerce obtenue grâce aux
cycles successifs de négociations multilatérales restent trop
fréquemment minés par des procédures commerciales malcommodes
- et en particulier par des procédures douanières d'un autre âge,
lentes et bureaucratiques, qui imposent de lourdes dépenses aux entreprises
et aux consommateurs. Le nouveau cycle devrait viser à élaborer
des règles multilatérales exhaustives et efficaces afin de simplifier
et de moderniser les procédures commerciales - au bénéfice,
en particulier, des économies en voie de développement et en transition.
Marchés publics
Le nouveau cycle doit améliorer l'actuel accord plurilatéral sur
les marchés publics, en augmentant le nombre des signataires et les secteurs
couverts - y compris les services. L'objectif doit être de conclure un
accord réellement multilatéral, avec des dispositions strictes
améliorant la transparence, l'ouverture et les garanties procédurales
dans la passation des marchés publics.
Commerce électronique
Il n'existe pas, selon ICC, de catégorie spécifique de services
pouvant être étiquetée 'commerce électronique' et
donc négociée séparément. Nous appelons cependant
instamment les gouvernements à reconnaître pleinement, au cours
du nouveau cycle, que la levée des obstacles réglementaires nationaux
est essentielle, dans un large éventail de secteurs de services, pour
permettre une solide expansion du commerce électronique. Nous les appelons
aussi instamment à confirmer leur en
gagement provisoire actuel de ne
pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques.
Droits de propriété
intellectuelle
Bien qu'il y ait place pour améliorer l'accord de l'Uruguay Round relatif
aux aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent
au commerce (ADPIC) - en particulier afin de tenir compte des questions liées
aux évolutions technologiques - la première priorité de
la communauté économique internationale est l'application effective
des engagements pris par les gouvernements en vertu de l'accord relatif aux
ADPIC, que de nouvelles négociations risqueraient de compromettre.
Commerce et concurrence
L'OMC a pris un bon départ en analysant l'interaction entre le commerce
et la politique en matière de concurrence et en entretenant à
cet effet un dialogue constant avec la communauté économique,
et ce précieux travail devrait se poursuivre. ICC considère cependant
que la compréhension des problèmes complexes en jeu et de leurs
ramifications n'a pas suffisamment progressé pour que ce sujet puisse
être inclus dans les négociations du nouveau cycle.
Normes du travail
ICC réaffirme son ferme soutien à la décision prise à
la première réunion ministérielle de l'OMC, en 1996 à
Singapour, de considérer que l'Organisation internationale du travail
(OIT) est l'organe compétent pour établir les normes du travail
et s'en occuper. Nous recommandons aux négociateurs la déclaration
de l'OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, à
laquelle la communauté économique a contribué. Cette déclaration
et ses procédures de suivi renforceront la capacité de l'OIT à
intervenir auprès des pays membres qui enregistrent des échecs
politiques persistants dans le domaine des droits des travailleurs. Nous pensons
que les sanctions commerciales ne sont ni appropriées ni efficaces pour
améliorer les normes du travail. Ces dernières ne progresseront
à notre avis rapidement et sûrement que grâce à un
développement économique fondé sur la pleine participation
de tous les pays au système commercial multilatéral.
_________________
ICC juge essentiel que le
nouveau cycle établisse largement et effectivement l'accès au
marché, sur une base réciproque mutuellement avantageuse, mais
reconnaît que de nombreux pays en voie de développement auront
besoin de périodes de transition spéciales et d'une assistance
technique pour les aider à remplir leurs engagements. La communauté
économique appelle aussi instamment les gouvernements à veiller
avec soin à ce que les résultats du cycle de négociations
soient cohérents et mutuellement compatibles, compte tenu des liens et
des interdépendances de plus en plus nombreux entre le commerce de marchandises,
le commerce de services, la protection de la propriété intellectuelle
et l'investissement étranger.
Document n° 103/213
21 juin 1999
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