|
Déclaration de politique générale
Concurrence fiscale dommageable
Commission
des questions fiscales, 10 mai 2000
Version
anglaise
Lettre du 10 mai 2000 de
Peter Baumgartner, président de la Commission des questions fiscales
d'ICC, à Antonio Figueroa, président du groupe d'experts ad hoc
de l'ONU sur la coopération internationale dans le domaine fiscal
La Chambre de commerce internationale
(ICC) a noté avec grand intérêt que le groupe d'experts
ad hoc de l'ONU sur la coopération internationale dans le domaine fiscal
avait discuté lors de sa neuvième réunion, les 3-7 mai
1999 à New York, de la question des "échanges d'informations".
Selon le compte rendu de ces discussions, il a été reconnu que
cette question était très étroitement liée à
ce que l'on nomme la "concurrence fiscale dommageable" et en particulier
au rapport publié en 1998 par l'OCDE sur le sujet. Ce rapport, intitulé
"Concurrence fiscale dommageable - un problème mondial" et
le travail actuellement mené par le forum de l'OCDE sur la concurrence
fiscale dommageable (qui a constitué la base du rapport) ont suscité
de nombreux débats, analyses et critiques, non seulement dans l'ensemble
du monde, mais aussi dans la communauté économique internationale
représentée par ICC.
En réponse au rapport
de l'OCDE et au travail en cours du forum, le Comité consultatif économique
et industriel auprès de l'OCDE (BIAC), qui représente les intérêts
des entreprises des pays membres de l'organisation, a soumis à l'OCDE
une note intitulée "Position des milieux d'affaires vis-à-vis
de la concurrence fiscale" dans laquelle il a souligné certaines
insuffisances, erreurs fondamentales et opinions partiales du rapport de l'OCDE.
Il a notamment estimé que les avis exprimés dans le rapport découlaient
trop exclusivement de la position générale des autorités
fiscales, qui est qu'il semblerait exister des possibilités d'abus de
la part de la communauté économique. Le BIAC, mettant généralement
en cause plusieurs des prémisses du rapport, conclut en conseillant vivement
à l'OCDE de ne pas apporter son soutien à de nouveaux obstacles
aux échanges et aux investissements transfrontières et d'éviter
toute discrimination dans le domaine des activités mobiles. Il a également
noté que le parti pris contre les zones à faible fiscalité
ou à fiscalité inférieure était inapproprié
et que la charge menée contre la concurrence f
iscale allait à
l'encontre du but recherché.
ICC partage le point de
vue exprimé par le BIAC dans sa note et soumet respectueusement cette
dernière au groupe d'experts ad hoc de l'ONU sur la coopération
internationale dans le domaine fiscal, pour examen en vue de ses travaux futurs.
Bien que la note ait été rédigée par la seule communauté
économique représentée au sein de l'OCDE, ICC considère
qu'elle peut à juste titre intéresser un public plus large, car
:
- le groupe d'experts
ad hoc de l'ONU s'est lui-même appuyé dans une certaine mesure
sur le rapport de l'OCDE et sur ses conclusions au cours de ses débats
;
- les vues de l'OCDE ont
été exprimées par son secrétariat au cours de
la réunion ;
- et, plus important encore,
tant le rapport que le travail en cours du forum de l'OCDE sur la concurrence
fiscale dommageable ont un impact mondial, puisqu'ils s'adressent, au-delà
de l'OCDE, aux pays non membres et leur demandent leur coopération.
Enfin, ICC appelle respectueusement
le groupe d'experts ad hoc de l'ONU sur la coopération internationale
dans le domaine fiscal à poursuivre la consultation et le dialogue avec
la communauté économique dans le cadre de ses travaux dans ce
domaine et dans d'autres, dans le but de ne pas créer de nouveaux obstacles
au commerce et à l'investissement, au bénéfice ultime du
développement économique. ICC tient à faire part au groupe
de sa volonté constante d'apporter son soutien et sa contribution à
ses précieux efforts.
Document n° 180/447
10 mai 2000
|