Déclaration de politique générale
Libéralisation du
commerce des services financiers
Commission
des services financiers et de l'assurance, 18 décembre 2000
Version
anglaise
Le commerce des services
financiers est essentiel à la croissance économique des pays tant
développés qu'en voie de développement, et sa libéralisation
contribue à renforcer le système financier et l'économie
en général, en induisant des améliorations de l'infrastructure
financière. La libéralisation du commerce des services financiers
accroît aussi l'eff
icacité du commerce des marchandises. La présence
de sociétés de services financiers étrangères encourage
la concurrence sur le marché de ces services, ce qui entraîne plus
d'efficacité, plus d'innovation, des prix plus bas pour les produits
et à un choix plus large pour le consommateur.
La Commission des services
financiers et de l'assurance d'ICC reconnaît les résultats déjà
obtenus en matière de libéralisation du commerce des services
financiers, grâce à des initiatives nationales individuelles et
à l'action de l'Organisation mondiale du commerce. Dans le contexte de
l'accord de 1997 sur les services financiers (5ème protocole du GATS
- "Accord de 1997"), de nombreux pays ont pris des engagements significatifs
en vue d'assurer aux sociétés étrangères un traitement
non discriminatoire et un accès au marché. Dans le cadre de l'OMC,
il existe désormais un ensemble solide de règles commerciales
et une procédure de mise en uvre de ces règles et de règlement
des différends commerciaux. Il est important que les engagements nationaux
pris au titre de l'Accord de 1997 soient pleinement respectés. Dans les
négociations en cours, les pays membres de l'OMC devraient programmer
leurs nouveaux engagements conformément au mémorandum d'accord
sur les engagements en matière de services financiers.
Bien que des progrès
importants aient été réalisés, il demeure un certain
nombre d'obstacles, qui pourraient et devraient être réduits lors
du cycle de négociations sur les services de l'OMC prévu en 2000.
La libéralisation ainsi que la transparence, la concurrence et la réforme
de la réglementation sont essentielles pour la croissance économique
et la stabilité. Fournisseurs, utilisateurs et consommateurs tireront
aussi profit de plus de concurrence, de choix et de commodité.
Le succès des négociations
dépendra de la participation active des pays en voie de développement.
Tous les États doivent convenir que l'élimination des entraves
au commerce des services financiers est essentielle pour le développement
tant de l'infrastructure du secteur que de l'économie. Les négociations
devraient par conséquent tenir compte de la situation particulière
de chaque nation. Les pays développés devraient amplifier leur
soutien technique aux pays en voie de développement afin de les aider
à renforcer leurs services financiers ainsi que leurs lois, leurs règlements
et leurs ressources humaines - éléments clés de marchés
efficaces.
Droit
d'établissement
L'Accord de 1997 a amené des améliorations significatives en donnant
aux fournisseurs de services financiers non-résidents - tels que banques,
sociétés d'investissement, compagnies d'assurance et sociétés
financières non bancaires - la possibilité de s'établir
sur les marchés étrangers et d'y développer leur présence
commerciale. Il reste cependant beaucoup à faire pour que les États
améliorent leurs engagements d'ouvrir sans discrimination leurs marchés
aux sociétés étrangères, afin de leur permett
re
d'exercer leur activité sous la forme juridique de leur choix, comme
les entreprises locales y sont autorisées, y compris sous la forme de
filiales à 100 %, de coentreprises, de succursales et de bureaux de représentation.
L'amélioration des
engagements devrait comprendre la suppression :
- des restrictions à
la forme des sociétés ;
- des obstacles à
la participation majoritaire au capital ;
- des limites à
la participation majoritaire au capital et au contrôle des coentreprises
par des sociétés étrangères ;
- des obstacles à
l'expansion ;
- des examens du besoin
économique des investissements ;
- des interdictions et
des limitations de l'établissement et de l'octroi de licences de présence
commerciale ;
et autoriser le maintien
des investissements, des activités et des droits existants.
Accès
au marché et traitement national
Les sociétés étrangères devraient bénéficier
du même accès aux marchés nationaux et internationaux que
les sociétés locales, notamment du point de vue des prescriptions
discriminatoires relatives au capital ou à la publication d'états
financiers. Au besoin, les investissements et les activités existants
devraient être protégés, et les membres de l'OMC qui ne
s'y sont pas encore engagés devraient le faire. Les entreprises devraient
être libres de rapatrier leurs bénéfices et de transférer
ou de liquider leur activité.
En ce qui concerne la réglementation
et le contrôle des succursales juridiquement dépendantes de sociétés
étrangères, les autorités du pays d'implantation devraient
s'en remettre, dans la mesure du possible, au contrôle des autorités
du pays d'origine, à condition qu'il satisfasse aux normes internationalement
acceptées telles que, pour les banques, le Basle Capital Accord. Cela
devrait permettre aux autorités du pays d'implantation chargées
de la réglementation d'exempter les succursales locales de sociétés
étrangères au regard des règlements et contrôles,
sans que cela affecte leurs responsabilités en matière de réglementation
des activités économiques sur le marché interne.
Les gouvernements nationaux
devraient veiller à ce que les accords en matière d'accès
consentis au niveau national ne soient pas compromis par des restrictions imposées
au niveau d'une subdivision régionale.
Fourniture
de services au-delà des frontières
Des mesures nationales ont été prises, bien qu'à des rythmes
différents, afin de réduire les obstacles opposés aux sociétés
de services financiers étrang&e
grave;res qui, à l'heure où
de plus en plus de pays se tournent vers les marchés financiers mondiaux
pour répondre à une partie de leurs besoins en capitaux, aident
à canaliser l'épargne étrangère et nationale vers
ces marchés financiers.
Les sociétés
de services financiers non-résidentes sont confrontées à
de nombreux obstacles, dont :
- des restrictions à
l'accès transnational, y compris le droit d'acheter et de vendre des
produits financiers au-delà des frontières, ainsi que de participer
aux transactions et de les structurer ;
- de longues et difficiles
procédures d'agrément des nouveaux produits ;
- des réglementations
des changes ;
- des limitations des
opérations sur les valeurs nationales.
Étant donné
la contribution significative des sociétés de services financiers
étrangères au développement, les gouvernements nationaux
devraient réduire et in fine éliminer ces obstacles, en établissant
pour les activités des sociétés non-résidentes des
procédures d'agrément claires et non discriminatoires.
Réglementation
équitable et transparente
Afin d'encourager et de soutenir la croissance, les marchés des services
financiers doivent réaliser plusieurs objectifs, et notamment :
- protéger les
investisseurs ;
- assurer la divulgation
de l'information par les émetteurs ;
- créer des marchés
secondaires avec des mécanismes efficaces de fixation des prix.
Les entreprises se trouvent
cependant souvent entravées dans leurs activités à l'étranger,
en raison :
- de systèmes juridiques
manquant de transparence et sujets à des mesures arbitraires et à
des changements soudains ;
- de procédures
et de prescriptions peu claires et peu commodes en matière de licences.
L'accès au marché
ne garantit pas nécessairement en soi la libéralisation. Des prescriptions
internes discriminatoires empêchent souvent les sociétés
de services financiers étrangères de concurrencer sur un pied
d'égalité les sociétés locales. La transparence
et l'application équitable de la réglementation permettent d'assurer
une concurrence loyale entre sociétés locales et étrangères.
La mise en uvre et l'harmonisation des principes réglementaires
devraient aider les membres de l'OMC à établir un cadre de réglementation
adéquat des marchés financiers, prévisible, équitable,
efficace et transparent.
Afin d'instaurer mondialement
un tel cadre, il est nécessaire d'améliorer la transparence, par
le biais des engagements du GATS. Certains principes directeurs devraient notamment
prévaloir :
- Des règlements
et des prescriptions en matière de licence ne devraient être
imposés, et des mesures de réglementation prises, qu'en vue
d'atteindre des objectifs d'ordre public légitimes et expressément
identifiés.
- La réglementation
devrait être claire et compréhensible.
- La réglementation
devrait être appliquée de manière équitable et
non discriminatoire, en excluant notamment toute considération politique,
nationale ou autre sans rapport avec le sujet.
- L'introduction par des
sociétés de nouveaux produits et services devrait être
régie par des normes énoncées dans des règlements
adéquats.
- Toutes les règles
en vigueur, y compris les conditions d'obtention, de renouvellement ou de
maintien de l'autorisation de fournir un service, devraient être en
permanence publiquement disponibles.
- Afin de prévenir
toute distorsion indue du marché, les autorités chargées
de la réglementation devraient publier et mettre à la disposition
du public les mesures réglementaires adoptées, avec leurs motifs,
afin d'améliorer leur compréhension par le public.
Le processus d'élaboration
des règles devrait inclure une notification publique préalable
des changements de réglementation et prévoir pour les participants
au marché, qu'ils soient locaux ou étrangers, une possibilité
adéquate de formuler leurs commentaires. L'établissement d'un
droit des entreprises et d'un droit commercial (y compris une loi sur les faillites)
protégeant les intérêts des créanciers et des actionnaires,
et assurant ainsi la prévisibilité et la stabilité, devrait
être prioritaire. Le respect des contrats commerciaux est également
primordial pour l'intégrité du marché des services financiers.
Commerce
électronique et services financiers
En ce qui concerne le GATS et le commerce électronique, les éléments
les plus importants du point de vue des services financiers sont les suivants
:
- Dans le cadre du GATS,
les services fournis par le biais du commerce électronique devraient
être traités sur une base technologiquement neutre. Les engagements
pris au titre du mode de fourniture transnational, par exemple, ne devraient
pas mentionner la technique utilisée.
- Les engagements du GATS
devraient faciliter le commerce électronique. Pour ce faire, il serait
particulièrement important d'obtenir des engagements dans le domaine
du commerce transnational et de la consommation à l'étranger,
en s'appuyant sur les engagements en matière de présence commerciale,
&a
grave; mesure qu'ils se développeront et seront négociés
dans le cadre du GATS. Afin de tirer le meilleur profit de la libéralisation
des services financiers, il devrait être reconnu que la libéralisation
de services connexes tels que les services d'information financière,
de télécommunication et de TI est également d'une grande
importance.
- La réglementation
devrait être transparente et adaptable et tenir compte de l'évolution
des marchés, de manière à ce que les autorités
chargées de la réglementation puissent réagir vite au
changement technologique. L'histoire récente montre que la croissance
du commerce électronique a été la plus rapide dans les
pays qui se sont abstenus de toute nouvelle réglementation spécifique
de ce secteur. Dans ce nouvel environnement permis par l'internet et les technologies
connexes, une concurrence accrue peut aussi servir à protéger
les intérêts des consommateurs.
- Les gouvernements devraient
travailler, par l'intermédiaire des organisations internationales,
à assurer la cohérence internationale de la législation.
Les questions de juridiction et de droit applicable devraient être examinées
au niveau international, en tenant compte des possibilités offertes
par le commerce électronique.
- Tandis que ce dialogue
se poursuit, et bien sûr durant les négociations du GATS, il
est important que de nouvelles barrières ne soient pas imposées.
Circulation
des personnes physiques
Il est indispensable pour les entreprises, et surtout pour les fournisseurs
de services, de pouvoir transférer de la main-d'uvre hautement
qualifiée et du personnel technique et administratif au-delà des
frontières nationales, à des fins liées au commerce et
à l'investissement internationaux. Nous recommandons par conséquent
que la circulation des personnes physiques soit traitée comme une question
prioritaire dans les négociations du GATS. Afin d'écarter les
incertitudes et d'améliorer la transparence et la rapidité de
la circulation des personnes, les règles et les pratiques suivantes sont
nécessaires :
- accord sur une définition
commune du personnel clé des entreprises ;
- accord sur des procédures
transparentes (à savoir explication simple des conditions d'obtention
des visas et permis de travail et statistiques annuelles sur le nombre de
visas de travail temporaires accordés) ;
- conditions communes
pour les transferts internes des entreprises ;
- possibilité de
transfert à court terme du personnel clé des entreprises ;
- traitement coordonné
des modes 1.3 et 4 (à savoir lien avec la fourniture de services au-delà
des frontières et l'établissement étranger).
Mise
en uvre et introduction progressive
Les membres de l'OMC devraient continuer d'étudier les moyens de réaliser
des programmes de développement des capacités afin d'aider les
pays en voie de développement à mettre en place l'infrastructure
en matière de réglementation et de services financiers nécessaire
pour soutenir les engagements d'ouverture des marchés souscrits dans
le cadre des négociations en cours du GATS.
Le travail de l'OMC sur
les questions réglementaires apportera un soutien utile aux efforts nationaux
de réforme de la réglementation, y compris en ce qui concerne
l'adoption de normes internationales. À cet égard, l'OMC peut
bénéficier d'une coopération avec les autorités
internationales de contrôle et tirer parti du travail de normalisation
entrepris par des organismes tels que le Basle Committee on Banking Supervision,
l'International Association of Insurance Supervisors (IAIS) et l'International
Organization of Securities Commissions (IOSCO).
À mesure que les
pays en voie de développement progresseront sur le chemin de la libéralisation,
il pourrait être nécessaire de tenir compte des différents
stades de développement des marchés financiers des membres de
l'OMC et de la possibilité d'un effet négatif temporaire de cette
libéralisation sur les sociétés du secteur, dans un pays
ou un autre.
ICC reconnaît par
conséquent que les objectifs de libéralisation qu'elle a exposés
peuvent devoir être introduits progressivement sur des périodes
appropriées dans certains pays, notamment en voie de développement.
Ces périodes transitoires varieront en fonction du marché local
et des cadres juridique, réglementaire et administratif de chaque pays.
Il pourrait être bon que certaines étapes de la libéralisation
soient mises en uvre avant d'autres. Les pays développés
devraient soutenir, au sein de l'OMC et d'autres organisations, les programmes
de développement des capacités destinés à aider
les pays intéressés à créer les conditions nécessaires
à l'application pleine et entière des engagements de libéralisation.
Les gouvernements devraient
cependant inclure dans les négociations sur les services des calendriers
de mise en uvre des engagements de libéralisation, qui devraient
être aussi serrés qu'il sera raisonnablement possible compte tenu
de la situation particulière de chaque pays membre.
Document 113/70 Rev.6
18 décembre 2000