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Déclaration de politique générale
La compétence et
la loi applicable dans le
commerce électronique
Comité
ad hoc du Projet sur le commerce électronique (PCE) sur la compétence
et la loi applicable dans le commerce électronique, 6 juin 2001
version
anglaise
Résumé
Le présent document expose les vues des entreprises sur les transactions
en ligne et la protection des consommateurs dans le contexte de la compétence
et de la loi applicable.(1) Il ne traite pas de questions
relatives à la protection de la propriété intellectuelle,
à la fiscalité ou à d'autres aspects du commerce électronique.
La communauté économique
est surtout préoccupée par l'incertitude et les revendications
agressives qui entourent la compétence et la loi applicable dans le commerce
électronique d'entreprise à consommateur, vu l'importance de la
distinction entre le principe du "pays d'origine" et celui du "pays
de destination".
ICC note qu'Internet induit
une autonomisation significative du consommateur, grâce à une concurrence
accrue, à la technologie et à des modèles commerciaux évolutifs.
En conformité avec cette autonomisation, les entreprises recommandent
aux gouvernements une approche systématique du règlement des différends
mettant en cause les consommateurs en ligne et les appellent :
- à chercher dans
la mesure du possible à faire jouer les mécanismes de satisfaction
du client internes à l'entreprise ;
- à faire appel
aux mécanismes de règlement alternatif des différends
(ADR) en ligne ; et
- si le différend
persiste, à se tourner vers les tribunaux.
ICC appelle en outre les
gouvernements 1) à éviter de larges revendications de compétence
en appliquant les principes du "pays d'origine" et de l'autonomie
des parties ; 2) à permettre à l'autodiscipline de démontrer
son efficacité ; et 3) à lutter contre la fraude et les délits
sur Internet.
Introduction
Le commerce électronique - les transactions par Internet ou par l'intermédiaire
d'autres réseaux informatiques - connaît une croissance explosive.
Internet est un moyen de communication mondial qui ignore les frontières
et tout site web, une fois créé, est immédiatement planétaire.
Les transactions ainsi que le matériel commercial et promotionnel des
sites deviennent également mondiaux. Des entreprises de toutes tailles
commercent plus souvent et plus directement avec des fournisseurs et des clients
(entreprises et consommateurs) établis à l'étranger, et
font auprès d'eux de la publicité.
Inévitablement, certains
de ces rapports donnent naissance à des différends commerciaux
qui doivent être réglés, en priv&eacu
te; ou en justice.
De nombreuses transactions électroniques posent en outre des problèmes
de respect du droit public et des réglementations sectorielles applicables.
Les pouvoirs exécutifs, judiciaires et législatifs commencent
à peine à examiner la question de savoir quelles sont les lois
qui s'appliquent dans le cyberespace, et les parties elles-mêmes n'ont
que trop rarement une compréhension claire des règles qui régissent
leurs accords et des recours existant en cas de différend.
Dans de nombreux cas, les
tribunaux revendiquent de ce fait leur propre compétence et l'application
des lois de leur pays aux sites web d'entreprises établies en dehors
de leur territoire. Une telle juridiction pourrait soumettre les entreprises
à la compétence des tribunaux et aux lois de la quasi-totalité
des pays à partir desquels il est possible d'accéder à
leur site web. Ces lois peuvent être contradictoires. En conséquence,
la communauté économique continue de souffrir de l'incertitude
qui découle de la question juridique fondamentale de la nature du commerce
sur Internet :
Le marchand a-t-il créé
un étalage virtuel dans le pays de l'acheteur pour y réaliser
une vente, ou l'acheteur a-t-il fait un voyage virtuel dans le pays du vendeur
pour y faire un achat ?
L'incertitude juridictionnelle, sans parler des revendications de compétence
d'une agressivité inhabituelle, peut notamment avoir les conséquences
suivantes :
- Certaines entreprises
pourraient limiter leurs marchés et leurs offres de produits bien plus
qu'elles ne le feraient si le règlement des différends était
plus prévisible. Dans ce cas, les consommateurs pourraient être
désavantagés par le fait que des produits ou des services attractifs,
ou des prix plus compétitifs pour un produit ou un service donné,
leur seraient refusés uniquement en raison de leur lieu de résidence.
- Certains clients pourraient
se défier de sites web commerciaux "étrangers", malgré
la limitation des ventes, parce qu'ils ne se seraient pas certains que les
règles ou les sauvegardes qui leur sont familières s'appliquent
ni qu'il existe des recours appropriés en cas de difficultés.
L'impossibilité de
faire exécuter les jugements étrangers est une complication supplémentaire.
Les lois et traités internationaux actuels n'apportent pas systématiquement
de solutions efficaces pour l'exécution des jugements rendus dans le
pays de résidence d'un consommateur contre un marchand établi
dans un pays étranger.(2) Les consommateurs disposent-ils
d'une protection efficace et transparente s'ils bénéficient de
l'application de leurs lois et de la compétence de leurs tribunaux mais
ne peuvent obtenir l'exécution de jugements contre des entreprises établies
à l'étranger ? Les consommateurs encourraient ainsi généralement
des frais de justice importants, sans être assurés d'obtenir l'exécution
d'un jugement définitif prononcé en leur faveur. Ces réalités
ont été pleinement démontrées à la réunio
n
d'experts organisée en septembre 1999 à Genève par la Conférence
de La Haye de droit international privé (CODIP).
Transactions entre entreprises
et transactions d'entreprise à consommateur - pourquoi cette distinction
est-elle importante dans le débat?
Dans le cas des transactions internationales entre entreprises, il existe des
solutions et des conventions établies qui peuvent servir de guide. Les
séries de documents contractuels, par exemple, sont généralement
normalisées, et les tribunaux de la plupart des pays ont déjà
eu à traiter des questions d'exigence de forme. Les parties contractantes
sont généralement plus averties et insèrent souvent dans
leur contrat des clauses de choix de la loi et de la juridiction compétente.
Il existe aussi des mécanismes d'arbitrage et de médiation bien
établis qui permettent d'éviter les procès devant les tribunaux
du pays de l'une ou l'autre des parties.
Mais de telles coutumes
et pratiques ne sont pas monnaie courante dans les contrats transfrontaliers
d'entreprise à consommateur, et beaucoup de pratiques commerciales et
de techniques de règlement alternatif des différends sont tout
simplement trop coûteuses - en termes d'honoraires d'avocat, de correspondance,
de logistique et de recours à des experts indépendants - pour
être utilisées par la plupart des consommateurs.
Pour le commerce électronique
d'entreprise à consommateur, la "compétence en n'importe
quel lieu" est une possibilité réelle. Mais pour beaucoup
d'activités en ligne, il est très difficile, voire impossible,
de respecter les lois de toutes les juridictions potentiellement compétentes.
Une fois mis en ligne, tout site web est instantanément accessible, dans
le monde entier, pour toute personne disposant d'un ordinateur ou d'un autre
appareil électronique adéquat et d'une connexion par télécommunication
(avec ou sans fil) ou autre au réseau. Il est donc pratiquement impossible
d'empêcher la "publicité" dans les pays où elle
pourrait ne pas être autorisée. Et bien que dans la plupart des
cas les pouvoirs publics n'aient pas imposé de sanctions pour des publicités
qui n'étaient pas clairement destinées à leur pays (du
fait de la langue, de la monnaie, de distributeurs locaux, etc.), les entreprises
qui acceptent des commandes et traitent avec des clients de ce pays pourraient
néanmoins se trouver soumises à l'ensemble des lois et des règlements
qui y sont applicables.
Quelles sont les conséquences
pour la communauté économique de la confusion en matière
de compétence et de loi applicable pour les transactions en ligne d'entreprise
à consommateur?
D'après les débats d'ICC et les articles publiés dans la
presse générale et économique, il semble que beaucoup d'entreprises
ne soient aujourd'hui tout simplement pas prêtes à supporter les
coûts nécessaires pour connaître et respecter les myriades
de règles en vigueur dans chaque pays, ni le risque de sanctions, de
contrats non exécutoires et de publicité négative dans
des centaines de pays, d'états et de provinces. Par conséquent,
comme nous l'avons indiqu&eacut
e; plus haut, les entreprises limitent l'utilisation
de leurs sites web, tant en termes de produits que de couverture géographique,
et ne s'engagent principalement dans le commerce électronique, quand
elles le font, que par le biais de systèmes fermés avec des partenaires
établis ou de ventes aux résidents de territoires où elles
sont déjà bien implantées.
Les effets négatifs de l'ambiguïté juridictionnelle dans
le commerce électronique, ou de l'exigence agressive du respect de règles
locales détaillées dans les relations transfrontalières
avec des résidents locaux, sont doubles. Premièrement, de nombreux
biens et services sont totalement absents du marché électronique
mondial. Deuxièmement, d'autres produits et services ne sont offerts
que dans un nombre limité de pays, et l'accès à des produits
et à des prix compétitifs, au moyen du marché en ligne,
est refusé aux consommateurs résidant dans d'autres lieux.
L'effet inhibant que cela
peut avoir sur les PME et les sévères restrictions que cela pourrait
imposer aux entreprises émergentes des économies en voie de développement
sont particulièrement importants. Il est clair que le coût et la
difficulté d'un tel respect de toutes les règles de droit pourraient
compromettre la participation de ces acteurs à l'économie numérique.
Certains gouvernements et
organes régionaux ont adopté le principe du "pays de destination",
selon lequel, en cas de différend international entre une entreprise
et un consommateur, la loi applicable et le tribunal compétent sont ceux
du pays de résidence de ce dernier. L'application de ce principe limitera
gravement l'élargissement du choix du consommateur et l'offre de prix
plus avantageux. Le respect des lois de nombreux pays différents imposera
des coûts énormes aux entreprises et ces coûts seraient prohibitifs
pour les PME.
La complexité de
l'application du principe du "pays de destination" est encore accrue
lorsque les consommateurs passent par des "infomédiaires" ou
par d'autres techniques interposées pour acheter des biens ou des services
transmis numériquement et payés par monnaie numérique ou
par tout autre moyen de paiement ne permettant pas d'identifier l'acheteur.
Dans ce cas, l'entreprise ne saura jamais à quelle loi et à quels
tribunaux elle se soumet, car l'infomédiaire l'empêche de connaître
l'identité et le lieu de résidence du consommateur final.
Dans ces circonstances,
les entreprises abandonneront probablement toute vente internationale en ligne,
réduisant ainsi significativement les avantages d'Internet pour les consommateurs.
Recommandations
Sachant que les questions de compétence et de choix de la loi continueront
d'être examinées au niveau national et international, ICC estime
qu'il y a certains principes et stratégies qui pourraient aider les législateurs,
les organismes de contrôle et les tribunaux à se prononcer sur
ces questions complexes.
C'est pour cette raison
qu'ICC formule les recommandations ci-dessous su
r la manière la plus
appropriée de progresser dans le traitement des questions de compétence
et de loi applicable en matière de différends internationaux en
ligne entre entreprises et consommateurs.
Une approche systématique
afin de régler les différends avec les consommateurs :
Pour que le commerce électronique d'entreprise à consommateur
réalise pleinement ses promesses, la certitude et la confiance sont essentielles,
tant pour les vendeurs que pour les clients, lorsque des différends surgissent
en ligne. Les entreprises ont donc besoin d'un cadre prévisible et stable
pour résoudre ces litiges. Un tel cadre leur permettrait de mesurer les
coûts, les risques, la concurrence et les prix. Il devrait aussi garantir
aux consommateurs un moyen facile et économique de régler les
différends.
Afin d'atteindre ces deux
objectifs, ICC propose un processus à trois niveaux pour le règlement
des différends entre entreprises et consommateurs résultant de
transactions en ligne :
- en cas de plainte du
consommateur, les parties devraient d'abord tenter dans la mesure du possible
d'utiliser les mécanismes internes de l'entreprise, tels que son service
clients ;
- si le différend
persiste, les parties devraient recourir au règlement alternatif des
différends (ADR) en ligne - un moyen efficace en termes de coût
qui peut aplanir les barrières géographiques et culturelles;
et
- si le différend
n'est toujours pas réglé, les parties peuvent se tourner vers
la justice.
ICC est convaincue que la
grande majorité des plaintes des consommateurs seront réglées
soit par le service clients interne à l'entreprise ou par un mécanisme
similaire, soit par ADR. Cela n'élimine cependant pas le besoin d'un
cadre juridique prévisible dans lequel traiter les quelques litiges qui
persisteront. Le reste du présent document expose les vues de la communauté
économique internationale sur la manière dont les décisions
relatives au choix de la loi et de la juridiction compétente devraient
être prises dans ce cas.
Éviter de larges revendications de compétence
Les gouvernements devraient veiller à ne pas créer de motifs imprévisibles
de prétentions de juridiction sur les activités liées au
commerce électronique. Plusieurs exemples de larges revendications de
compétence peuvent être relevés :
- L'article 4(1) de la
directive de l'UE sur la protection des données, par exemple, a été
interprété par certains comme exigeant que les opérateurs
de sites web étrangers qui collectent automatiquement des informations
sur leurs sites mais qui ne sont pas commercialement établis en Europe
se plient systématiquement aux règles de protection des données
personnelles de chacun des États de l'UE et nomment des représentants
légaux dans ces pays. Cela s'avérera vraisemblablement impossible
à mettre en uvre et à appliquer en pratique, et est incompatible
avec les principes en mati
ère de juridiction des lois nationales et
du droit international privé.
- La convention de Bruxelles
de l'UE, récemment révisée, soumet de fait tout différend
relatif à un contrat en ligne avec un consommateur à la compétence
des tribunaux du domicile de ce dernier.
- Certaines propositions
de révision de la convention de Rome de l'UE visent à appliquer
aux transactions en ligne avec les consommateurs les lois du lieu de résidence
de ces derniers
- Le projet de Convention
sur la compétence et les jugements étrangers en matière
civile et commerciale de la Conférence de La Haye de droit international
privé adopte actuellement, avec des exceptions très limitées,
le principe de la compétence du " pays de destination " sur
les vendeurs qui concluent des contrats avec des consommateurs, soumettant
ainsi les entreprises à la juridiction des tribunaux de tous les pays
à partir desquels on peut accéder à leur site web.
Ces exemples menacent de
créer une règle inflexible de soumission à la compétence
ou aux lois du lieu de résidence du consommateur, indépendamment
de tout choix ou d'options effectives. ICC encourage les gouvernements et les
administrations concernés à reconsidérer les orientations
adoptées dans les règles existantes ou proposées évoquées
dans les exemples ci-dessus afin de les mettre en conformité avec les
présentes recommandations. À cet effet, ICC appelle instamment
à adopter les principes fondamentaux suivants afin d'éviter de
larges revendications de compétence.
1. Autonomie des parties
L'un des premiers objectifs du droit commercial est de renforcer la sécurité
juridique des parties contractantes. Pour ICC, la liberté de contrat
devrait être respectée à titre de principe général
sous-tendant les décisions relatives au choix de la loi et de la juridiction
compétente. En tant que fondement de tout le droit commercial, les contrats
enregistrent des conventions privées entre parties en donnant forme à
leur intention d'être liées par les termes de leur accord comme
si ce dernier avait pour elles force de loi.
Dans le contexte des différends
entre entreprises et consommateurs, cependant, les pouvoirs publics instituent
en général, pour de puissants motifs d'ordre public, des limites
ou des conditions aux conventions privées dans des secteurs fortement
réglementés tels que la banque et les investissements. Les tribunaux
et les autorités chargées de la réglementation peuvent
aussi annuler les conventions privées qui paraissent entachées
de fraude ou de tromperie. ICC encourage les gouvernements à imposer
le moins de restrictions possible à l'autonomie des parties. Quand un
objectif d'ordre public puissant et bien défini dicte toutefois une telle
restriction, ICC appelle instamment les gouvernements à préciser
les circonstances dans lesquelles ils ont l'intention d'appliquer la réglementation
locale au commerce électronique international, et à travailler
à l'établissement d'une approche
commune de la définition
des pratiques frauduleuses dans les transactions d'entreprise à consommateur.
ICC considère qu'il
relève de la responsabilité de la communauté économique
d'élaborer des règles de bonne conduite qui permettront aux parties
contractantes de faire les meilleurs choix en matière de la loi applicable
et de juridiction compétente dans le cadre des transactions licites entre
entreprises et d'entreprise à consommateur. Dans ce contexte, "transactions"
doit s'entendre comme englobant les transactions réalisées entre
personnes morales. Indépendamment de leur taille et d'autres facteurs,
les personnes morales - par opposition aux personnes physiques - devraient être
soumises aux mêmes règles dans les mêmes circonstances. Cela
est particulièrement important dans les transactions en ligne, où
les parties peuvent ne pas se connaître et ne peuvent en pratique établir
des distinctions quant à la loi applicable sur la base de la taille ou
de la nature de l'entité juridique avec laquelle elles traitent.
2. "Pays d'origine"
L'application du principe du "pays d'origine" est la solution la plus
aisée à mettre en pratique et doit donc être préférée.
ICC reconnaît cependant qu'il existe un sous-ensemble de transactions
avec les consommateurs, dans des secteurs fortement réglementés,
où, pour de puissants motifs d'ordre public, des réglementations
ont été élaborées afin de garantir l'information
des consommateurs et la mise à leur disposition de voies de recours spécifiques
dans leur pays de résidence. Les entreprises partagent avec les pouvoirs
publics la volonté de favoriser la protection et l'autonomisation des
consommateurs, et l'application du principe du "pays d'origine" ne
doit donc pas être interprétée comme visant à affaiblir
ces réglementations. ICC encourage néanmoins les gouvernements
à réexaminer ces réglementations afin d'évaluer
leur utilité dans un marché mondialisé.
ICC et la communauté
économique internationale tiennent à assurer aux consommateurs
et aux représentants des gouvernements que là où la liberté
de choix, l'autodiscipline et le principe du pays d'origine sont adoptés
en tant que solution préférable et seule réalisable en
pratique, c'est avec la conviction que les mécanismes proposés
devront être fiables, faciles à utiliser et aptes à fournir
un recours efficace au consommateur. Une protection effective des consommateurs
ne peut être réalisée en appliquant les concepts traditionnels
dans ce domaine. Les technologies interactives, et en particulier Internet,
offrent une occasion unique de trouver des solutions efficaces préservant
la flexibilité qui sous-tend beaucoup des modèles commerciaux
électroniques émergeants. ICC et la communauté économique
souhaitent poursuivre un dialogue ouvert avec les consommateurs et les gouvernements
sur la manière dont ces objectifs peuvent être atteints.
Des solutions coordonnées
et flexibles, fondées sur le marché, peuvent apporter à
tous les acteurs un ensemble de pratiques permettant la participation
à
l'économie en réseau, tout en garantissant autant que possible
que cette participation ne se fera pas aux dépens d'une information appropriée
du consommateur et du traitement équitable de ce dernier.
Permettre à l'autodiscipline
de démontrer son efficacité
Vu la complexité des questions touchant à la compétence
et à la loi applicable, une réflexion conceptuelle approfondie
est essentielle avant que les gouvernements se prononcent définitivement.
Des conclusions prématurées ne tenant pas compte des réalités
pratiques et des caractéristiques particulières du commerce électronique
pourraient entraver de manière significative la poursuite de la croissance
de ce commerce, et désavantager par conséquent tant les entreprises
que les consommateurs.
La communication en ligne
est particulièrement favorable à l'autonomisation des consommateurs.
Nous pensons qu'une concurrence accrue engendrera une émulation mondiale
parmi les entreprises qui développeront leurs marques en ligne, en vue
de gagner la confiance des consommateurs. Les vertus intrinsèques d'Internet
en matière d'autonomisation viennent renforcer les fortes incitations
qui poussent les entreprises à fournir et à appliquer des technologies
et des pratiques qui offrent des choix au consommateur, grâce à
un processus informé de prise de décision - des consommateurs
avertis sont de bons consommateurs. Une règle empirique, dans le secteur
d'Internet, veut qu'il coûte cinq fois plus cher de recruter un nouveau
client que d'en conserver un ancien.
En même temps, le
secteur privé devrait se voir accorder le temps nécessaire pour
évaluer le marché et développer des initiatives autodisciplinaires,
y compris des mécanismes de règlement des différends, afin
de résoudre ces problèmes. De telles initiatives sont nombreuses,
ainsi qu'il a été souligné lors d'une conférence
sur l'ADR en ligne conjointement organisée à La Haye en
décembre 2000 par ICC, l'OCDE et la Conférence de La Haye. Ces
initiatives tiennent compte des demandes du marché et des particularités
du commerce électronique. Dans cette optique, et en reconnaissant la
nécessité d'assurer un niveau minimum d'efficacité des
fournisseurs d'ADR, ICC a entrepris de réfléchir à un mécanisme
mondial facilitant le règlement des différends en ligne.
Des politiques de défense
des consommateurs dans le contexte de la communication en ligne ont été
et continuent d'être élaborées et appliquées par
les entreprises et par les gouvernements. Les solutions faisant appel à
l'autodiscipline assurent la flexibilité nécessaire pour répondre
à la nature dynamique de l'environnement en ligne. Toute politique doit
intégrer et promouvoir ce fort dynamisme, car il constitue un important
moteur de croissance économique et de développement social.
Combattre la fraude et
les délits sur Internet
Pour terminer, ICC souhaite exprimer le soutien et l'encouragement constants
des entreprises à l'application du droit pénal en cas de fraudes
ou autres compo
rtements illicites sur Internet. La communauté économique
investit des ressources significatives afin d'aider les autorités policières
et judiciaires à réduire la cybercriminalité, parce qu'il
est dans l'intérêt des entreprises comme des consommateurs de faire
du cyberespace un lieu où l'on peut faire des achats en toute sécurité.
Bien qu'il soit impossible
de "réglementer" efficacement par l'autodiscipline le commerce
illégitime sur Internet et qu'il cherche à échapper à
la réglementation gouvernementale, une autonomisation accrue des consommateurs
fondée sur une reconnaissance facile des marques et des marques de confiance,
ainsi que sur la disponibilité et l'utilisation accrues de technologies
de filtrage et d'évaluation - couplées avec une coopération
internationale entre autorités policières et judiciaires et une
réelle collaboration avec le secteur privé - offre les moyens
pratiques de protéger les consommateurs contre la fraude et les délits
sur Internet.
Conclusion
ICC considère que tant que les problèmes entourant la compétence
et la loi applicable continueront d'être examinés au niveau national
et international, les principes et les stratégies ci-dessus pourraient
aider les législateurs, les organismes de contrôle et les tribunaux
à prendre des décisions rationnelles sur ces questions complexes.
À cet effet, des
solutions coordonnées et flexibles, fondées sur le marché,
peuvent apporter à tous les marchands en ligne un ensemble de pratiques
permettant la participation à tous les niveaux à l'économie
en réseau, tout en garantissant autant que possible que cette participation
ne se fera pas aux dépens d'une information appropriée du consommateur
et du traitement équitable de ce dernier.
Document ECP/AH1-100
Final FR
6 June 2001
FOOTNOTES
1. Aux fins du présent document, ICC définit la "loi applicable"
comme toute règle de droit, p. ex. droit national ou international, règlement,
ordonnance, etc., pouvant être appliquée par tout tribunal étatique
ou arbitral en cas de différend né d'une transaction en ligne
entre une entreprise et un consommateur.
2. Il est important de noter
que la Conférence de La Haye de droit international privé négocie
actuellement un projet de Convention sur la compétence et les jugements
étrangers en matière civile et commerciale. Ce projet est examiné
plus loin.
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