Déclaration de politique générale
Les entreprises et l'économie mondiale
Déclaration d'ICC présentée au nom de la communauté économique internationale aux chefs d'Etat et de gouvernement participant au sommet de Kananaskis, 26-27 juin 2002
Version anglaise
Paris, 8 mai 2002 - La Chambre de commerce internationale (ICC), organisation mondiale des entreprises, a le plaisir de soumettre la présente déclaration aux chefs d'‰tat et de gouvernement participant au sommet du G8 Kananaskis, Canada (26-27 juin 2002). Cette déclaration traite de plusieurs sujets clés qui préoccupent tout particuli¨rement la communauté économique internationale, en mettant l'accent sur les conditions permettant aux pays en voie de développement de participer aux bénéfices de l'économie mondiale.
1. L'économie mondiale : une opportunité pour tous
La communauté économique internationale, représentée par ICC, est convaincue que la " mondialisation " constitue un levier puissant pour élever le niveau de vi
e. Elle a déj apporté des progr¨s sans précédent des milliards de personnes. Le défi auquel sont confrontés les dirigeants gouvernementaux et économiques est de parvenir intégrer dans l'économie mondiale les pays encore en marge. L'aide peut remédier la pauvreté localisée et stimuler le développement, mais elle ne pourra jamais éradiquer la pauvreté généralisée. Les clés de cet objectif sont la paix, la bonne gouvernance, l'encouragement de la libre entreprise et des relations étroites avec le monde extérieur, par la circulation du commerce, de l'investissement et de la technologie.
Le phénom¨ne de la mondialisation est entouré de craintes et d'idées fausses. Il est essentiel que les entreprises et les gouvernements prennent ces réactions en compte et expliquent les avantages de la mondialisation.
Les entreprises craignent que les groupes antimondialisation fassent pression sur les gouvernements pour empªcher le progr¨s dans le domaine mªme des actions qui peuvent éradiquer la pauvreté et combler le fossé entre riches et pauvres. L'ouverture des marchés l'exportation, l'accroissement de l'investissement étranger direct ainsi que le développement des nouvelles technologies - et en particulier des biotechnologies, porteuses d'un espoir de mettre fin aux famines - aideront remédier la pauvreté, plut´t que de l'aggraver.
ICC appelle les gouvernements du G8, qui tiennent leur autorité d'élections démocratiques massives, rester fermes face des groupes dont la plupart ne sont responsables envers personne et représentent des opinions tr¨s minoritaires ou des intérªts étroitement corporatistes. Nous ne devons pas compromettre les chances des plus pauvres de profiter d'une économie mondiale florissante.
2. La politique commerciale internationale apr¨s Doha
ICC s'est chaleureusement félicitée de la décision prise par l'Organisation mondiale du commerce Doha, en novembre dernier, de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales. Nous apprécions également le leadership exercé par plusieurs des pays représentés Kananaskis. Le plus difficile reste cependant faire - mener les négociations bon terme, dans les délais convenus.
L'horizon du nouveau " round " n'a pas été éclairci par les nouveaux différends commerciaux de ces derniers mois, notamment entre les principales nations marchandes du monde. Nous craignons qu'une recrudescence de protectionnisme ne menace l'esprit de coopération de Doha.
Nous craignons également que le syst¨me de r¨glement des différends de l'OMC ne se trouve surchargé. Ce mécanisme ne peut se substituer aux efforts de bonne foi en vue de trouver des solutions par la diplomatie et par de patientes négociations. Les procédures contentieuses ne doivent ªtre engagées qu'en dernier recours, et non en premier, en cas de conflit commercial international.
Depuis 50 ans, en grande partie gr¢ce aux nouveaux accords multilatéraux, la croissance du commerce international a été nettement plus rapide que celle de l'économie mondiale. L'année derni¨re, cependant, le taux de croissance du commerce a diminué - et grevé l'économie mondiale.
ICC appelle les leaders réunis Kananaskis réaffirmer leur volonté d'encourager la reprise de la croissance du commerce et de l'économie mondiale. Nous attendons d'eux qu'ils apportent un ferme soutien politique, au plus haut niveau gouvernemental, aux nouvelles négociations commerciales et qu'ils
m¨nent bonne fin le vaste programme de libéralisation du commerce défini Doha.
Aux yeux d'ICC, les négociations doivent tenir compte des intérªts et des préoccupations des pays en voie de développement. L'objectif premier doit ªtre d'améliorer substantiellement leur acc¨s aux marchés des pays développés, en particulier pour les produits pour lesquels ils poss¨dent un avantage concurrentiel. Il faudra pour cela des réformes difficiles et des ajustements dans certains secteurs de l'économie des pays développés, mais les résultats seront décisifs pour la capacité des pays les plus démunis sortir de la pauvreté.
Les déclarations gouvernementales doivent s'accompagner d'actes. Cela impliquera de refuser les demandes protectionnistes - y compris émanant des entreprises. Cela impliquera aussi de résister aux pressions et aux tentations d'un opportunisme politique court terme. Et cela impliquera de porter un regard stratégique sur les avantages tant politiques qu'économiques d'une économie mondiale prosp¨re englobant un nombre toujours croissant de nations. Pour sa part, ICC continuera de faire valoir, aupr¨s de la communauté économique mondiale, que la libéralisation du commerce contribue fortement élever le niveau de vie et augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs.
Il semblerait que l'un des points clés de l'ordre du jour du sommet de Kananaskis soit la lutte contre le terrorisme et la recherche de la paix et de la stabilité. En tant qu'organisation mondiale des entreprises, notre mission est depuis longtemps de promouvoir le commerce, l'investissement et les échanges économiques internationaux, dans la conviction que ces liens contribuent réduire les conflits politiques. La grande idée qui a présidé la fondation d'ICC - juste apr¨s la premi¨re guerre mondiale du XXe si¨cle - était " la paix mondiale par le commerce mondial ". Cet idéal est plus que jamais d'actualité.
3. Innovation, technologie et développement
Les entreprises sont convaincues que la liberté de la recherche et de l'innovation est l'un des principaux agents de la croissance économique et de la création d'emplois. Les avancées techniques ont toujours été une force motrice essentielle de l'histoire du progr¨s humain.
ICC se félicite du leadership exercé par le G8 en mati¨re d'initiatives destinées aider les pays en voie de développement tirer parti des possibilités offertes par l'¨re numérique. Les entreprises partagent cet objectif de progr¨s numérique. Nous soulignons cependant qu'il ne peut ªtre séparé du développement économique général. Les facteurs qui permettront aux nations les plus pauvres d'adopter les nouvelles technologies de l'information sont les mªmes que ceux qu'exige leur développement économique global - des marchés concurrentiels, une culture d'entreprise, un cadre de réglementation positif et efficace, une canalisation des ressources vers l'éducation et la formation, et une capacité attirer des partenaires étrangers afin de contribuer la construction des infrastructures et les capacités techniques nécessaires.
Les nouvelles technologies du domaine de l'agriculture, des biotechnologies et des soins de santé portent la promesse de progr¨s spectaculaires en mati¨re de nutrition humaine et de traitement des maladies. Elles sont notre plus grand espoir de nourrir et de soigner la population en rapide augmentation d'un monde dans lequel 800 millions de personnes sont déj gravement sous-ali
mentées.
Alors que les nouvelles technologies offrent l'espoir d'un avenir plus lumineux pour toute l'humanité, les entreprises s'inqui¨tent sérieusement de l'émergence de réactions de suspicion et d'hostilité. Nous reconnaissons que certaines technologies nouvelles peuvent - en particulier pour des motifs de santé et de sécurité - éveiller des préoccupations réelles et légitimes, auxquelles il doit ªtre répondu avec franchise et transparence. Mais nous constatons aussi qu'une grande part de la résistance aux nouvelles technologies provient d'une aversion idéologique pour le capitalisme et la prise de risque, ou d'un simple protectionnisme.
ICC appelle les gouvernements coopérer avec les entreprises afin d'assurer un débat public informé et équilibré mettant l'accent sur une évaluation du risque fondée sur une recherche scientifique solide et une prudence raisonnable. Une politique visant exclure tout risque exclurait tout progr¨s.
Nous encourageons fermement les pays du G8 dans leurs efforts pour promouvoir une approche internationale commune des exigences réglementaires et des normes en mati¨re de santé et de sécurité, afin de faciliter la diffusion mondiale des nouvelles technologies et de réduire les risques de conflits commerciaux.
Les percées technologiques ne surviennent pas spontanément. Elles sont le fruit de conditions favorisant la recherche scientifique, l'inventivité et l'entreprise. Elles se produisent plus facilement dans les sociétés qui :
- respectent le risque, tant commercial que lié la santé et la sécurité, du développement de nouvelles technologies - et le récompensent en conséquence, y compris par une protection énergique des droits de propriété intellectuelle ;
- permettent aux petites entreprises d'exister, de prospérer et de se multiplier ; et
- maintiennent des taux d'imposition modérés, une réglementation propice la concurrence et un fonctionnement efficace des marchés des produits, des services, des capitaux et de l'emploi.
4. Partenariats public-privé pour l'Afrique
Les entreprises ont appris qu'un Plan d'action pour l'Afrique serait approuvé au sommet de Kananaskis. Nous nous félicitions de cette attention portée l'Afrique et du soutien du G8 au projet d'initiative locale New Partnership for Africa's Development (NEPAD), qui prend acte de la nécessité d'améliorer la gouvernance afin d'obtenir plus de crédits pour le développement.
ICC elle-mªme a coopéré avec l'ONU afin de créer un mécanisme pratique destiné contribuer aux objectifs du NEPAD : l'Investment Advisory Council (IAC), qui réunit des dirigeants d'entreprise de nations développées et des responsables gouvernementaux de pays les moins avancés.
Le but premier de l'IAC est de surmonter les obstacles l'investissement dans les pays les plus pauvres et d'identifier des projets de développement des entreprises locales, notamment par le biais de coentreprises avec des sociétés d'autres régions du monde susceptibles de fournir des capitaux, des technologies et des capacités de gestion. Nous saluons la détermination des dirigeants africains stimuler l'investissement et l'entrepreneuriat, tant nationaux qu'étrangers.
ICC appelle les leaders du G8 réunis Kananaskis endosser les partenariats public-privé pour le développement économique, dont le nombre augmente rapidement avec la reconnaissance croissante du fait que les gouvernements et les entreprises ont des r´les séparés mais complémentaires jouer, et dépendent les uns des autres pour réaliser bon nombre de leurs objectifs.
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