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Déclaration
de politique générale
Recommandations
d'ICC en vue d'un accord de l'OMC sur la facilitation des échanges
Rédigé par la Commission des réglementations
douanières et commerciales
ICC
travaille activement sur de nombreuses questions internationales, dans
le but d'améliorer les procédures liées au commerce
transfrontalier. La Conférence ministérielle de Singapour
de l'OMC, en 1996, avait reconnu l'intérêt d'examiner la
« facilitation des échanges » dans le cadre de l'OMC,
et la Conférence ministérielle de Doha, en 2001, est convenue
que le sujet devrait être pris en compte pour un accord de l'OMC
fondé sur des règles, en référence en particulier
à la modernisation des articles V, VIII et X du GATT de 1994.
Facilitation des échanges
La définition de la « facilitation des échanges »
préconisée par ICC donne la priorité à l'amélioration
de l'efficacité des procédures relatives au commerce transfrontalier
des marchandises. Cet objectif exige l'adoption d'une approche complète
et intégrée visant à simplifier les transactions
commerciales internationales et à en réduire le coût,
ainsi qu'à assurer que toutes les activités concernées
se déroulent de manière efficace, transparente et prévisible,
sur la base de normes et de bonnes pratiques internationalement acceptées.
La facilitation des échanges n'implique pas seulement l'amélioration
des procédures douanières, mais devrait aussi couvrir l'éventail
de plus en plus large des contrôles mis en uvre aux frontières
nationales par d'autres autorités. Les procédures relatives
aux produits agricoles et à la sécurité ne sont que
deux des domaines où s'exercent de nombreux contrôles nouveaux
et où il est impératif d'adopter une approche rationnelle,
transparente et normalisée.
Le
but d'ICC est d'encourager l'adoption d'un accord sur la facilitation
des échanges qui bénéficie à tous les membres
de l'OMC en établissant des règles mutuellement convenues
couvrant les procédures commerciales qui améliorent le processus
de gestion aux frontières des marchandises échangées.
Les
transactions internationales englobent parfois toute une série
de pays, dont certains ne sont pas forcément directement concernés
par la fabrication ou l'utilisation des marchandises. Des problèmes
particuliers peuvent se poser du fait du transit physique des marchandises
dans les territoires en question et de l'existence ou non d'accords entre
l'exportateur initial et l'importateur final. La facilitation des échanges
ne concerne donc pas seulement les pays directement impliqués dans
la transaction
, mais aussi ceux qui lui sont indirectement liés.
L'un
des rôles importants d'un Accord international sur la facilitation
des échanges (AIFE) sera de définir les responsabilités
des gouvernements impliqués dans des transactions complexes couvrant
l'exportation, le transit et l'importation finale de marchandises.
Bénéfices
ICC est convaincue qu'un AIFE apportera des bénéfices très
significatifs à tous les Membres - et en particulier à ceux
qui souffrent d'une absence de prévisibilité ou de délais
commercialement préjudiciables, du fait de procédures frontalières
ou de transit inefficaces. Ces bénéfices résideront,
plus spécifiquement, dans les éléments suivants :
- accroissement des recettes fiscales brutes,
- recouvrement plus efficace en termes de coût,
- détection plus efficace des infractions,
- amélioration de la sécurité des transactions internationales
grâce à un meilleur contrôle des transactions à
haut risque,
- application plus stricte et plus efficace des règlements, garantissant
que toute différence de traitement des négociants sera fondée
sur des critères objectifs,
-mouvements de marchandises plus prévisibles et plus rapides,
- procédures de transit plus efficaces,
- augmentation des échanges et des recettes fiscales et amélioration
de la performance économique,
- procédures frontalières plus efficaces et plus prévisibles,
encourageant l'augmentation des investissements étrangers directs.
Le
résultat net en sera, pour les Membres, un accroissement du commerce
et de l'investissement étranger direct, un renforcement de la compétitivité,
une réduction globale des coûts et une augmentation des recettes
publiques. (Pour plus de détails sur ces bénéfices,
voir la déclaration d'ICC du 8 octobre 1999 intitulée «
Libéralisation du commerce, investissement étranger direct
et modernisation des douanes : un cercle vertueux ».)
C'est
dans les pays en développement que l'on trouve le plus fort potentiel
d'amélioration de la facilitation des échanges, et donc
également les principaux bénéficiaires éventuels.
Un AIFE accroîtra la capacité des pays en développement
de traiter et d'augmenter leur part du commerce international, dont, dans
une mesure appréciable, leurs échanges avec d'autres pays
en développement. Une meilleure efficacité permettra de
gérer à ressources égales des volumes plus importants
d'importations et d'exportations, avec un respect accru de la conformité
et des coûts moins élevés, aussi bien pour les gouvernements
que pour les entreprises.
Portée de l'accord
L
a prochaine Conférence ministérielle de l'OMC, en septembre
2003 à Cancún, offre l'occasion d'apporter des changements
clés en matière d'efficacité de la gestion frontalière
du commerce international. Il existe non seulement un énorme potentiel
d'amélioration de l'efficacité des procédures commerciales
internationales actuelles, mais aussi une nécessité urgente
de renforcer les capacités des douanes en ce qui concerne le traitement
efficace des disciplines relatives à de nouveaux domaines de contrôle
potentiellement coûteux, tels que la sécurité et les
produits agricoles. Des administrations douanières modernes sont
par exemple opérationnellement nécessaires pour veiller
à ce que les objectifs de la sécurité et de la facilitation
des échanges soient intégrés, de manière à
ce qu'ils soient tous deux servis. (Voir aussi la déclaration d'ICC
sur la sécurité de la chaîne d'approvisionnement,
du 18 novembre 2002.)
Des
engagements contraignants sont essentiels, car seule l'OMC peut garantir
le soutien politique nécessaire à une amélioration
durable de la facilitation mondiale des échanges.
ICC
considère qu'un accord de l'OMC couvrant la facilitation des échanges
devrait respecter les principes suivants :
- les règles devraient avoir un impact suffisant pour apporter
une amélioration mesurable de la facilitation des échanges
;
- la mesure de l'amélioration de la facilitation des échanges,
par exemple par la mesure des délais de dédouanement, est
dans l'intérêt de tous les membres de l'OMC, car elle permettra
de quantifier les améliorations des procédures frontalières
et contribuera à en assurer la durabilité ;
- les règles devraient fixer des normes mondiales en matière
de facilitation, encourager un progrès durable et apporter une
assistance à l'adoption progressive de ces normes ;
- les règles devraient être non discriminatoires, et doivent
se fonder sur des critères objectifs ;
- les règles ne devraient pas nuire à l'efficacité
et à la fiabilité des négociants et du transport,
ni imposer de coûts inutiles ;
- l'application d'un accord sur la facilitation des échanges fondé
sur des règles doit être liée à une augmentation
générale des bénéfices économiques
et du renforcement des capacités, afin d'aider au financement d'améliorations
durables dans les pays qui en ont le plus besoin ; et
- l'application des règles devrait pouvoir faire l'objet d'une
évaluation objective et de mesures d'exécution au moyen
des procédures de règlement des différends et d'examen
des politiques de l'OMC.
ICC
recommande en particulier que l'OMC travaille à améliorer
l'efficacité et la facilitation en tenant compte des objectifs
en matière de facilitation
des échanges exposés dans
l'annexe ci-joint.
Obtenir des engagements
Afin d'obtenir un accord sur une approche qui soit suffisamment ambitieuse
et exhaustive pour apporter les bénéfices décrits,
il est essentiel de tenir compte des besoins et des capacités de
tous les membres de l'OMC. Ces derniers devraient tous souscrire à
une série significative d'engagements fondamentaux qui assureront
une amélioration progressive du commerce international. L'engagement
devrait être pris d'évaluer la facilitation en mesurant les
délais de dédouanement afin de les réduire peu à
peu. Cette approche permettra d'apporter des améliorations dans
le cadre des procédures et des systèmes juridiques existants.
ICC
reconnaît qu'un AIFE devrait tenir compte du stade de développement
et de la capacité d'application de l'accord des différents
pays membres de l'OMC. Dans certains cas, il pourrait être nécessaire
de prévoir une période de transition et un soutien appropriés
afin de veiller à ce que les pays membres soient en mesure de mettre
l'accord en uvre et d'en bénéficier pleinement.
Renforcement des capacités
Conformément à l'engagement pris à Doha de faire
de ce cycle le « round du développement », le renforcement
des capacités des pays qui ne sont pas en mesure de financer l'amélioration
de la gestion frontalière est essentiel.
Le
renforcement des capacités ne devrait pas seulement comprendre
un « package » de formation. Ce doit être un projet
englobant dûment le développement des infrastructures des
pays et renforçant tant les capacités que les compétences,
de manière à assurer des améliorations durables.
ICC préconise instamment que l'accord comprenne des engagements
de renforcement des capacités fondés sur les besoins des
membres, avec des financements identifiés et une coordination par
l'OMC de l'activité des donateurs, afin d'assurer son efficacité
et d'établir des normes communes.
Les
entreprises soutiennent fermement le processus de renforcement des capacités
et collaboreront énergiquement avec les organisations internationales
et les administrations locales afin d'apporter leur aide à la gestion
du processus de changement, ainsi que leur expertise lorsqu'elle est nécessaire.
Afin de veiller à ce que les capacités produisent des bénéfices
réellement durables, un système de mesure de ces bénéfices
devrait être mis en uvre.
Conclusions
Un accord sur la facilitation des échanges est fondamental pour
l'établissement au plan mondial d'un processus de gestion du commerce
international d
es marchandises amélioré et plus efficace.
Tous les pays membres de l'OMC en bénéficieront - en particulier
ceux qui souffrent des procédures commerciales les moins efficaces,
en raison de limitations de leurs infrastructures et de leurs capacités
de gestion, ou du fait d'obstacles procéduraux imposés par
des partenaires commerciaux. ICC est prête à aider l'OMC
et ses pays membres à tirer pleinement parti du commerce international
grâce à un accord sur la facilitation des échanges
encourageant une meilleure gestion frontalière et décourageant
les procédures frontalières inefficaces et artificiellement
complexes ou contraignantes. Afin que toutes les parties partagent ces
bénéfices, les négociations de l'OMC devraient être
lancées à la prochaine conférence ministérielle
de Cancún, quelles que soient les décisions prises sur les
autres « questions de Singapour ». Compte tenu de l'importance
des bénéfices mutuels qu'en tireront toutes les parties,
il sera dans leur intérêt de commencer à appliquer
les résultats d'un futur accord sans attendre la conclusion officielle
du cycle de Doha sur le développement.
Document
n° 104/8 Final
15 avril 2003 AS/am
Annexe
: objectifs généraux d'ICC en matière de facilitation
des échanges
- transparence des pratiques douanières, avec des procédures
et des règlements faciles d'accès, y compris une procédure
de recours indépendante et économique contre les décisions
des douanes, ouverte à tous les importateurs ;
- délivrance aux négociants légitimes d'autorisations
permettant de franchir les frontières nationales avec le minimum
de formalités, et utilisation de déclarations antérieures
à l'arrivée de la marchandise et de vérifications
comptables a posteriori, afin de permettre aux douanes de concentrer leurs
ressources sur le problème clé du trafic illicite ;
- mesure des délais de dédouanement aux frontières,
et instauration d'objectifs afin d'encourager les pouvoirs publics à
réduire ces délais ;
- utilisation de techniques douanières modernes telles que l'évaluation
du risque et l'établissement de profils, afin de permettre aux
administrations d'économiser directement des ressources tout en
réduisant le temps de passage des frontières du commerce
licite ;
- utilisation de systèmes commerciaux pour les contrôles
douaniers, y compris informatique sophistiquée, Internet et systèmes
d'information intégrés plus rapidement adaptables aux besoins
des entreprises que des systèmes indépendants propres aux
douanes ;
- adoption et application de normes internationales couvrant le processus
de transaction commerciale, telles que celles des Nations unies, de l'OMD
et d'ICC ;
- automatisation mondiale afin de créer un environnement sans papier,
avec des données transmises par échange de données
informatiques (EDI) ou par Internet ;
- administration des contrôles officiels aux frontières par
une seule institution, de préférence les douanes ;
- prise en compte, le cas échéant, d'une « transaction
intégrée sans rupture » dans laquelle une série
de base de données de contrôle de l'identification peut être
générée, soumise et traitée à tout
moment au cours de la transaction, afin d'éviter la répétition
de procédures d'exportation et d'importation traditionnellement
séparées.
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