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Déclaration de politique générale
L'entreprise dans la société : apporter une contribution
positive et responsable
L'engagement volontaire de l'entreprise de gérer
ses activités de manière responsable, 7 mai 2002
Version
anglaise
Introduction
Le rôle des entreprises,
dans un système d'économie de marché libre, est de créer
de la richesse pour leurs actionnaires, leurs salariés et leurs clients,
ainsi que pour l'ensemble de la collectivité. Aucune autre activité
humaine n'est, mieux que l'entreprise privée, à même de
mobiliser les gens, le capital et l'innovation au nom d'une prise de risque
contrôlée, afin de créer des emplois significatifs et de
produire des biens et des services de manière rentable - des bénéfices
étant essentiels pour la création d'emplois et la survie à
long terme de l'entreprise.
Toute entreprise est fidèle
à un certain nombre de valeurs intrinsèques implicites, mais le
nombre des sociétés qui couchent formellement par écrit
leurs valeurs et leurs principes augmente rapidement(1).
Ces principes sont de plus en plus explicites et définissent un cadre
de conduite qui dépasse les obligations juridiques de l'entreprise. De
plus en plus de sociétés ajoutent en outre des indicateurs environnementaux
et sociaux à leurs résultats économiques et financiers,
dans des documents qu'elles intitulent souvent " rapport social "
ou " rapport de durabilité ". Profits durables et principes
se renforcent d'ailleurs mutuellement et les entreprises sont de plus en plus
nombreuses à considérer la responsabilité sociale comme
une partie intégrante de leurs systèmes de gestion. C'est là
l'une des exigences de la participation à l'économie mondiale
d'aujourd'hui.
Il y a aussi eu, ces dernières
années, une augmentation notable du nombre de principes, lignes directrices
ou codes élaborés à l'intention des entreprises par des
organisations gouvernementales ou non gouvernementales. Les sociétés
se trouvent ainsi sollicitées d'adhérer à des initiatives
multiples et parfois contradictoires.
De plus en plus d'entreprises
en sont ainsi venues à s'interroger sur l'attitude à adopter en
matière de responsabilité sociale et plus précisément
à se demander si elles devaient élaborer leurs propres principes
déontologiques, et quels codes externes utiliser comme point de référence.
Le présent document
a pour principal objet de donner aux entreprises des indications pratiques sur
la manière d'aborder la question de la responsabilité sociale.
Son but est d'aider à situer les principes déontologiques propres
de chaque entreprise dans le cadre existant des principes génériques
du secteur privé, des codes gouvernementaux, des nouvelles initiatives
et des valeurs sociétales plus générales. Le second objectif
de ce document est d'expliquer aux personnes étrangères au secteur
privé comment les entreprises peuvent aborder la question de leur responsabilité
sociale.
En quoi
consiste la responsabilité de l'entreprise ?
Il n'existe pas de définition
unique, admise par tous, de la notion de " responsabilit&eac
ute; de l'entreprise
", également qualifiée de responsabilité sociale de
l'entreprise, conduite entrepreneuriale responsable, entreprise citoyenne, initiatives
volontaires de l'entreprise, etc.
Les expressions " conduite entrepreneuriale responsable " et "
initiatives volontaires de l'entreprise " ont la préférence
d'ICC, mais l'on utilisera aussi dans le présent document le terme de
responsabilité de l'entreprise, car c'est celui que l'on trouve le plus
souvent dans les publications sur le sujet.
ICC propose la définition
suivante de la responsabilité de l'entreprise, du point de vue de la
communauté économique : " engagement volontaire de l'entreprise
de gérer ses activités de manière responsable ".
Un nombre croissant de sociétés
considèrent la responsabilité de l'entreprise comme un ensemble
complet de valeurs et de principes intégrés à leurs activités
dans le cadre de leurs pratiques et de leurs politiques de gestion ainsi que
de leurs processus de prise de décision.
Comment
ICC se situe-t-elle par rapport à la responsabilité de l'entreprise
?
Depuis sa fondation, il
y a plus de 80 ans, ICC défend l'économie de marché et
la plus grande liberté économique possible pour les entreprises,
sur la base de l'autodiscipline et d'une conduite entrepreneuriale responsable.
ICC encourage fermement
les initiatives volontaires des entreprises en matière de responsabilité
sociale. Différentes études(2) montrent
que les entreprises font preuve de citoyenneté en diffusant les meilleures
pratiques auprès de leurs clients, de leurs salariés, de leurs
fournisseurs et de leurs associés en affaires - dans des domaines tels
que le travail, l'environnement et les droits de l'homme -, dans les pays où
elles opèrent. L'activité entrepreneuriale responsable, orientée
vers le long terme, est la force motrice du développement économique
durable et de la mise en uvre des ressources gestionnaires, techniques
et financières nécessaires pour relever les défis sociaux
et environnementaux.
Le rôle des pouvoirs
publics est d'établir, au plan national et international, le cadre législatif
et réglementaire de base dans lequel s'inscrivent les activités
des entreprises - et ce rôle essentiel continuera d'évoluer. Mais,
au-delà, les bonnes pratiques entrepreneuriales se diffusent en général
le plus efficacement par de fermes principes déontologiques et par l'exemple,
plutôt que par des codes de conduite. Prendre l'engagement d'une conduite
entrepreneuriale responsable exige, au sein de l'entreprise, consensus et conviction.
Des principes déontologiques librement consentis ont l'avantage d'aplanir
les différences culturelles au sein de l'entreprise et d'offrir la souplesse
nécessaire pour trouver des solutions sur mesure aux cas particuliers.
Les démarches volontaires réduisent les distorsions de la concurrence
et les coûts de transaction liés au respect de la réglementation
et incitent de nombreuses sociétés à aller au-delà
du mini
mum réglementaire, écartant ainsi souvent la nécessité
de plus de législation.
ICC reconnaît la contribution
que peut apporter, dans le traitement des questions entrepreneuriales ayant
un impact sociétal, le dialogue avec des organisations non gouvernementales
(ONG) responsables, transparentes et constructives. La décision d'engager
un tel dialogue doit cependant, in fine, être prise cas par cas, par chacune
des entreprises et des ONG concernées. Choisir avec soin son interlocuteur
est essentiel.
Pour être efficaces
et adaptés à chaque cas particulier, les principes déontologiques
devraient être élaborés et appliqués par l'entreprise
elle-même. Les milliers de multinationales existant dans le monde sont
confrontées à des situations extrêmement variées
dans les différents pays où elles opèrent(3).
Beaucoup d'autres entreprises ont aussi des activités internationales,
directes ou indirectes, dans le cadre de leurs achats et de leurs contrats.
Les principes déontologiques doivent être suffisamment souples
pour tenir compte des multiples visages des entreprises comme de leurs fournisseurs
et de leurs partenaires commerciaux. Un système de " taille unique
" est incompatible avec la forte diversité des acteurs du secteur
privé, même si les quelques exemples mentionnés ci-dessous
peuvent fournir une liste de référence utile des domaines à
couvrir. La grande variété des principes individuels des entreprises
et des autres initiatives volontaires illustre cette diversité et devrait
être encouragée.
Les entreprises qui n'affichent
pas formellement leurs principes déontologiques n'en ont pas moins souvent
des valeurs non écrites qui guident leurs activités, et elles
peuvent avoir des politiques et des procédures internes de contrôle,
d'évaluation et de rapport. Souvent, les principes déontologiques
proprement dits sont complétés par des lignes de conduite et des
procédures internes dans des domaines particuliers tels que la gestion
de l'environnement, la sécurité et l'hygiène du travail,
ou l'éthique et l'intégrité.
En dernière analyse,
seul importe le comportement de l'entreprise.
Principes
fondamentaux
ICC considère
que les principes déontologiques, qu'ils soient formels ou implicites,
devraient refléter les valeurs exprimées dans sa Charte des entreprises
pour le développement durable, dans ses Règles de conduite pour
combattre l'extorsion et la corruption dans les transactions commerciales internationales
et dans ses divers codes en matière de marketing et de publicité.
Valeur
des codes externes
Tout en reconnaissant
que des observateurs extérieurs peuvent jouer un rôle positif dans
le débat sur les bonnes pratiques entrepreneuriales, ICC s'inquiète
de la multiplication des codes de conduite d'origine intergouvernementale visant
à améliorer la " responsabilité sociale " des
entreprises, nota
mment lorsque celles-ci commercent ou investissent hors de
leur pays. ICC appelle instamment les gouvernements à rejeter les incitations
à imposer des codes au secteur privé. Il a été démontré
que les activités internationales des entreprises contribuaient aux aspects
positifs de la mondialisation - processus engendré par la diffusion des
technologies et le rapide développement des communications et des transports.
Par leurs activités à l'étranger, les sociétés
participent souvent de manière importante à l'amélioration
des conditions de vie et de travail dans les pays en voie de développement.
En investissant dans des moyens de production et en achetant des biens et des
services aux entreprises locales, elles aident à créer des emplois,
développent les compétences et le savoir-faire, favorisent les
transferts de technologie et accroissent la productivité et la compétitivité,
renforçant ainsi l'économie des pays dans lesquels elles opèrent.
Base d'action
Primauté
des principes déontologiques propres à chaque entreprise
Les entreprises,
à titre individuel, doivent avant toute chose se demander si leurs principes
déontologiques volontaires doivent être explicités, ce qu'ils
doivent être et comment veiller à ce qu'ils soient respectés.
Les conséquences juridiques des principes déontologiques individuels
devraient aussi être prises en considération, car de vaines revendications
ou des promesses creuses pourraient engager la responsabilité de l'entreprise.
Les principes eux-mêmes, et les arrangement les concernant, seront vraisemblablement
élaborés en fonction de la situation et des besoins particuliers
de l'entreprise - histoire, culture, lieu géographique, taille, secteur,
etc. Il y aura cependant beaucoup à apprendre, dans ce domaine, des bonnes
pratiques d'autres entreprises et des lignes directrices publiées par
des associations économiques, que ce soit au plan national ou international.
Cadre des principes déontologiques
Les codes
et les diverses résolutions et déclarations d'organisations gouvernementales
peuvent utilement servir de point de référence, tant pour les
grandes sociétés que pour les petites et moyennes entreprises
(PME), lors de l'élaboration de leurs propres conduites et principes
formels. Les PME apportent une contribution essentielle à l'amélioration
des conditions économiques et sociales de leur lieu d'activité
- en fournissant par exemple des emplois et des formations. Les entreprises
doivent par conséquent disposer d'une réelle liberté de
choix pour souscrire à de tels codes.
Bien qu'ICC n'endosse pas
formellement d'autres codes que les siens, l'on trouvera ci-dessous une liste
de documents utiles, à des fins de recherche et de référence.
Dans une récente étude de l'OCDE, 128 initiatives de ce type ont
été répertoriées(4), et leur
nombre continue d'augmenter.
Recommandations générales
:
- lignes directrices pour
les entreprises multinationales annexées à la déclaration
de l'Organisation de coopération et de développement économiques
(OCDE) sur l'investissement international et les entreprises multinationales
;
- déclaration de
principes tripartite de l'Organisation internationale du travail (OIT) concernant
les entreprises multinationales et la politique sociale ;
- principes de Caux (table
ronde de Caux) ; ou
- Global Sullivan Principles.
Directives spécifiques
ou sectorielles :
- programme Responsible
Care (industrie chimique) ; ou
- principes de la Coalition
for Environmentally Responsible Economics (Ceres).
Principes, lignes directrices
ou codes proposés par des gouvernements, des institutions intergouvernementales
et des organisations non gouvernementales (ONG) :
- résolution "
EU standards for European enterprises operating in developing countries: towards
a European code of conduct " du Parlement européen ;
- Principles for Global
Corporate Responsibility: Benchmarks for Measuring Business Performance, de
l'Inter-Faith Centre on Corporate Responsibility/Ecumenical Council for Corporate
Responsibility/Taskforce on the Churches and Corporate Responsibility (ICCR/ECCR/TCCR)
; ou
- principes directeurs
pour les entreprises en matière de droits de l'homme, d'Amnesty International.
Diverses déclarations
exposant les valeurs fondamentales de l'ONU :
- Déclaration universelle
des droits de l'homme (1948) (qui s'adresse à " tous les groupes
sociaux ") ;
- Déclaration de
l'OIT sur les principes fondamentaux et les droits du travail (1998) ; et
- Déclaration de
Rio sur le développement durable (1992).
Ces trois déclarations
ont été citées par le secrétaire général
de l'ONU Kofi Annan dans son discours de janvier 1999 à Davos, lorsqu'il
a invité les entreprises à adopter un cadre de valeurs universellement
partagées dans le domaine des droits de l'homme, des normes du travail
et de la protection de l'environnement, dit " pacte mondial pour le XXIe
siècle ". ICC a fait bon accueil à la proposition de M. Annan.
Diverses initiatives sont en cours, impliquant l'ONU, ICC et d'autres organisations
du secteur privé, afin de montrer comment les entreprises contribuent
à ces valeurs par la manière dont elles conduisent leurs activités.
Ce pacte mondial peut jouer un rôle utile en encourageant les meilleures
pratiques entrepreneuriales face aux défis de la mondialisation, de la
croissance durable et de la responsabilité sociale de l'entreprise.
ICC approuve la primauté
accordée aux droits de l'homme par les Nations unies ; il n'en demeure
pas moins que la rédaction et l'application des lois protégeant
les droits de l'homme relèvent de la responsabilité des gouvernements.
Démarche
volontaire
Chaque entreprise
doit se faire sa propre idée des rapports que ses principes ou sa conduite
doivent entretenir avec les attentes externes ou avec les codes ou lignes directrices
externes. C'est aussi à chaque entreprise qu'il revient de décider
de ses procédures de contrôle interne, de diffusion externe de
rapports et de garantie indépendante.
Relations
avec les fournisseurs
La responsabilité
de la chaîne d'approvisionnement est une question qui préoccupe
de plus en plus les entreprises, notamment dans les secteurs où la fabrication
est largement délocalisée (par exemple les vêtements et
les chaussures). Bien que, dans la plupart des cas, les entreprises ne puissent
pas juridiquement être tenues responsables du comportement de leurs fournisseurs,
une approche responsable encourage les entreprises - pour autant que cela soit
raisonnable et approprié - à s'engager dans un dialogue constructif
et une coopération directe avec leurs fournisseurs et leurs sous-traitants,
en particulier dans les pays en voie de développement. Les sociétés
devraient encourager leurs fournisseurs à respecter et à appliquer
les mêmes principes déontologiques qu'elles, de manière
à promouvoir de bonnes pratiques dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement.
L'on peut recourir à cet effet à différentes incitations,
dont l'information et la formation, ainsi qu'à des audits des pratiques
des fournisseurs. Les entreprises clientes demandent de plus en plus à
leurs partenaires commerciaux de leur donner des informations sociales et environnementales
détaillées sur les produits et matières qu'elles leur achètent.
Certaines entreprises peuvent
également exiger de leurs fournisseurs indépendants des certificats
de conformité aux normes de responsabilité sociale. Elles pourraient,
dans ce cas, alléger le fardeau des fournisseurs de pays en voie de développement
en acceptant une certification correspondant à des exigences non pas
identiques, mais similaires aux leurs.
Conditions
de la responsabilité de l'entreprise
Ce n'est que lorsqu'une
entreprise est rentable qu'elle peut contribuer efficacement à l'amélioration
des conditions sociales en créant de l'emploi et de la croissance économique.
Un secteur privé prospère est par conséquent la meilleure
garantie du développement économique et de la création
d'emplois. L'on ne peut évidemment pas dire que les entreprises qui adoptent
une conduite responsable réussissent automatiquement sur le plan économique,
ou vice-versa, mais la responsabilité sociale peut contribuer au succès
de l'entreprise et fait partie intégrante d'une bonne gestion.
Si elles veulent réussir,
les entreprises ne peuvent rester indifférentes à la collectivité
dans laquelle elles évoluent. Un climat de paix, la sécurité
juridique et de bonnes relations humaines dans l'entreprise sont des éléments
clés du succès économique. Ils garantissent la stabilité
et la confiance qui encouragent l'investissement, améliorent la productivité
et assurent la fidélité de la clientèle.
Ces arguments plaident en
faveur de politiques entrepreneuriales incluant des considérations sociales,
environnementales et économiques qui bénéficieront à
un public plus large que celui directement impliqué dans les heurs et
les malheurs de l'entreprise.
Raisons
d'être d'une conduite entrepreneuriale responsable
Une conduite responsable
peut mettre l'entreprise dans une situation juridique et politique plus favorable,
améliorer son image publique, lui donner un avantage stratégique
à long terme sur ses concurrents et l'aider à améliorer
l'efficacité de ses systèmes de gestion. Les forces du marché,
la demande des clients et la possibilité de devancer la législation
publique sont autant d'autres arguments. Une conduite responsable peut améliorer
la rentabilité à long terme et la capacité de l'entreprise
à conquérir une plus large part des marchés mondiaux. Ces
effets positifs de l'exercice d'une responsabilité sociale en font une
politique entrepreneuriale clairvoyante et rentable.
Les entreprises qui ont
fait l'expérience de l'élaboration de leurs propres principes
déontologiques volontaires ont constaté que l'adoption de tels
principes pouvait :
(aspects
juridiques et politiques)
- donner un exemple positif
en encourageant l'émulation et la diffusion dans le monde des meilleures
pratiques entrepreneuriales
- prendre les devants
face aux pressions externes d'organes de réglementation ;
- améliorer les
relations avec les organes de réglementation et être utile quant
aux décisions sur les licences d'exploitation ;
- réduire les risques
de procès ou de sanctions pénales ou civiles ;
- contribuer au développement
de solutions économiquement efficaces, parfois meilleures que celles
offertes par la réglementation ;
(aspects
touchant aux relations avec les clients, les fournisseurs et le public)
- contribuer à
assurer l'intérêt, la satisfaction et la fidélité
des clients, alors que ces derniers exercent de plus en plus leur droit de
choisir ;
- réduire les risques
de publicité négative, de boycott et d'image publique ternie
;
- améliorer l'image
de produit, le nom de marque et la réputation ;
(aspects
organisationnels)
- améliorer la
cohésion, la transparence et la confiance au sein du personnel de l'entreprise
;
- aider à diffuser
les nouvelles technologies et les meilleures pratiques de gestion ;
- entraîner une
meilleure supervision de la gestion de la chaîne d'approvisionnement
;
(aspects
économiques et financiers)
- réduire les coûts
d'exploitation par une gestion systématique des ressources ;
- réduire le coût
de l'activité entrepreneuriale et assurer de nouveaux débouchés
grâce à des politiques d'intégrité rigoureuse ;
- accroître la productivité
en motivant la main-d'uvre ;
- attirer de nouveaux
investisseurs ; et
- permettre l'inscription
sur des listes d'investissements socialement responsables.
Neuf mesures pratiques pour une conduite entrepreneuriale
responsable
Les mesures suivantes sont
suggérées aux entreprises qui envisagent d'élaborer leurs
propres principes déontologiques ou de soutenir des codes de conduite
externes.
1. Confirmer
la volonté du PDG/conseil d'administration de donner la priorité
à une conduite entrepreneuriale responsable
La volonté
des cadres dirigeants de traiter la conduite responsable comme une priorité
de l'entreprise est une première nécessité fondamentale.
Plutôt que par une réaction à des pressions extérieures,
l'adoption volontaire par l'entreprise de ses propres principes déontologiques
devrait être motivée par le désir d'exprimer les valeurs
qui guident sa démarche professionnelle.
2. Exposer
l'objet de l'entreprise et se mettre d'accord sur ses valeurs
Une conduite responsable
se construit sur les valeurs et les objectifs de l'entreprise elle-même,
ainsi que sur les exigences juridiques et les attentes des parties prenantes.
Les principes déontologiques comprennent en général un
exposé de la mission, des valeurs et des principes opérationnels
de l'entreprise. Toutes les sociétés devraient envisager d'exprimer
leurs valeurs fondamentales à l'appui de leurs principes.
3. Identifier
les principales parties prenantes
Les principes
déontologiques définissent ce que l'entreprise
considère
comme ses responsabilités envers ses salariés, ses actionnaires,
ses clients et ses partenaires commerciaux, ainsi qu'envers les autres composantes
de la société. Demander aux parties prenantes quelles sont les
questions qui leur paraissent importantes est par conséquent essentiel.
Ces parties - définies comme les groupes de personnes qui ont un intérêt
direct dans l'entreprise - comprennent typiquement les actionnaires et les investisseurs,
les salariés de l'entreprise, les syndicats, les entreprises clientes
et les consommateurs, ainsi que les collectivités locales immédiatement
concernées par les activités de l'entreprise. L'entreprise peut
aussi vouloir élargir la concertation à d'autres acteurs de la
chaîne de production ainsi qu'aux autorités gouvernementales, aux
médias et aux organisations non gouvernementales. Elle devra tenir compte
des différences qui peuvent exister au sein de parties prenantes telles
que les collectivités locales, qui expriment de plus en plus vigoureusement
leurs préoccupations et avec lesquelles il peut être utile d'établir
un dialogue.
4. Définir
les principes et les politiques de l'entreprise
Chaque entreprise
a besoin de réfléchir soigneusement elle-même à ses
principes (plutôt que de simplement se servir d'un code existant "
en rayon "). Certaines sociétés instaurent à cet effet
un dialogue ouvert et une collaboration avec un certain nombre de parties prenantes.
Certaines déontologies consistent uniquement en un exposé de principes
généraux. D'autres détaillent plus précisément
les politiques de l'entreprise, ou sont accompagnées de documents séparés
relatifs aux politiques, aux systèmes de gestion, à l'application
et aux procédures de contrôle. Il doit être tenu compte,
lors de la définition des principes déontologiques, des raisons
pour lesquelles ils sont économiquement rationnels. Les entreprises devraient
prendre en considération la législation, les attentes sociales,
les indicateurs de réputation, la gestion du risque, les bénéfices
nets, l'image de marque et de produit et l'avantage stratégique.
5. Établir
des procédures d'application et des systèmes de gestion
Pour que les principes
déontologiques soient efficaces et recueillent un large soutien, l'entreprise
doit sensibiliser son personnel ainsi que les autres parties prenantes. Les
processus ou les systèmes de gestion formels visant à élaborer,
adopter et appliquer les principes individuels devraient par conséquent
inclure une concertation interne et des efforts de communication. Les entreprises
offrent de nombreux exemples de systèmes de gestion couvrant des domaines
qui vont de l'hygiène, de la sécurité et de l'environnement
à l'intégrité entrepreneuriale, aux ressources humaines
et au développement durable. Il existe aussi des normes internationales
pour ces systèmes, telles que celles de l'Organisation internationale
de normalisation (ISO). Dans certains secteurs, les processus de gestion et
les lignes directrices s'appliquent tant aux coentreprises qu'aux sous-traitants
et aux fournisseurs. L'éventail des questions couvertes varie selon
les
secteurs mais continue de se développer pour inclure, par exemple, la
diversité de la main-d'uvre, les changements climatiques, la biodiversité,
la gestion des déchets et le recyclage. Afin d'appliquer efficacement
ses principes déontologiques, l'entreprise doit se donner des objectifs
et un programme structuré afin de les atteindre.
6. Faire
référence à un certain nombre de normes et de codes externes
Les codes imposés
par les pouvoirs publics, ou d'autres codes externes, ne semblent pas pouvoir
remplacer de manière viable des principes déontologiques librement
consentis et élaborés par l'entreprise elle-même, bien qu'ils
puissent avoir une réelle valeur en tant que textes de référence.
Certaines entreprises choisissent d'exprimer publiquement leur soutien à
un ou plusieurs de ces codes externes. C'est à chaque entreprise ou secteur
économique qu'il revient de décider quels sont les codes de référence
qui lui seront les plus utiles et de déterminer les rapports à
établir entre ses principes déontologiques et les codes et lignes
directrices externes, ainsi que les attentes sociétales. Soutenir des
codes externes est un exercice qui peut demander du temps, car ces codes peuvent
exiger des engagements supplémentaires. Les entreprises devraient faire
preuve de discernement, en fonction de leurs besoins propres. ICC peut fournir
des indications sur les conséquences d'un soutien à certains des
codes internationaux disponibles.
7. Établir
un contrôle interne
Les politiques
entrepreneuriales et leur mise en uvre doivent faire l'objet d'un suivi
permanent afin de tenir compte de l'évolution des technologies et des
connaissances scientifiques, des besoins des clients et des attentes sociétales
plus larges. C'est à l'entreprise qu'il revient d'évaluer ses
résultats sociaux, au moyen de consultations internes et d'un réexamen
périodique par les cadres dirigeants. Il relève de même
de la responsabilité de l'entreprise de vérifier que ses principes
déontologiques sont respectés, et bien sûr de décider
de l'étendue et du mode de diffusion externe des rapports concernant
ces résultats. Étant donné la grande diversité des
secteurs et des entreprises, le contenu de tels rapports variera forcément.
Différentes initiatives internationales ont été prises
afin d'élaborer des critères communs pour les rapports volontaires
sur les effets économiques, écologiques et sociaux de l'activité
entrepreneuriale. L'on peut par exemple citer, à cet égard, le
travail entrepris par la Global Reporting Initiative, avec le soutien de l'ONU
et d'autres organisations internationales, afin de convenir d'une série
d'indicateurs fondamentaux. Ces derniers permettraient aux investisseurs et
aux autres parties prenantes d'établir des comparaisons mondiales. Les
entreprises devraient rester libres d'adapter de tels indicateurs volontaires
à leur cas particulier. L'un des moyens clés dont les entreprises
disposent pour inspirer confiance et crédibiliser leur engagement à
se comporter de manière responsable est de fournir en temps opportun
des informations fiables sur leurs résultats finan
ciers, environnementaux
et sociaux et de les communiquer à toutes les parties prenantes. L'on
trouve sur les marchés du monde entier des exemples d'entreprises qui
se sont assurées avec succès la bienveillance et le respect soutenus
du public en procédant ainsi.
8. Utiliser
un langage compréhensible par tous
Les principes,
les politiques et les lignes directrices doivent être clairement exprimés,
surtout si les documents doivent être traduits. Il en va de même
pour les rapports diffusés.
9. Fixer
des objectifs pragmatiques et réalistes
Les présentes
recommandations exigent l'engagement des cadres qui gèrent l'entreprise,
ainsi que le développement de connaissances et de procédures internes.
Par dessus tout, une conduite entrepreneuriale responsable exige un effort soutenu
de l'ensemble du personnel. L'un des éléments clés du développement
organisationnel de l'entreprise réside dans l'affirmation de l'importance
d'une conduite responsable et de la compétence dans ce domaine de tous
les nouveaux cadres.
Conclusion
Le présent document
explique pourquoi ICC est convaincue qu'il y va de l'intérêt des
entreprises de faire de la responsabilité sociale l'une des priorités
du monde concurrentiel d'aujourd'hui, où règne la communication
instantanée et où toutes les parties prenantes ont accès
à une foule d'informations, tout en disposant d'un vaste éventail
de choix. Après avoir souligné les avantages d'une conduite entrepreneuriale
responsable, et sa contribution à une activité économique
rentable, des conseils pratiques ont été donnés sur les
moyens d'intégrer pleinement dans la conduite de l'entreprise la prise
en compte des intérêts de la collectivité.
La formulation même
de principes déontologiques peut être extrêmement utile pour
afficher les vues de l'entreprise sur sa place dans la société
et sur ce que l'on peut ou doit attendre d'elle. Définir et appliquer
des lignes directrices ne se fait pas une fois pour toutes, et constitue au
contraire un processus dynamique. Une fois établis, les principes doivent
être soumis à un réexamen constant, afin de suivre les évolutions
du monde où nous vivons et les attentes de toutes les parties prenantes,
à commencer par les clients de l'entreprise.
Les entreprises apportent
une immense contribution au développement économique et social.
En se montrant fidèles à leurs principes déontologiques,
elles espèrent encourager le progrès environnemental et social.
Que ces principes soient formels ou informels, ils jouent un rôle important
en aplanissant les différences culturelles au sein des entreprises et
en renforçant la prise en compte des valeurs et des préoccupations
sociétales.
Enfin, des principes volontaires
sont bien plus efficaces qu'une réglementation normative, parce que l'autodiscipline
s'adapte beaucoup plus facilement à l'extrême diversité
des situations, des objectifs, des méthodes et des ressources des entreprises.
Des principes librement consentis, sans contraintes extérieures, permettent
aux entreprises d'apporter plus de solutions et d'améliorations que ne
le pourrait la seule réglementation.
Document n° 141/39
rev.9 final
7 mai 2002
FOOTNOTE
(1) Les
entreprises donnent à ces textes des intitulés divers, tels que
: déclaration de principes, code de conduite, normes de conduite, charte
d'éthique, déontologie, etc.
(2) Voir par exemple Conférence des Nations unies sur le commerce et
le développement, World Investment Report 1999, Foreign Direct Investment
and the Challenge of Development, juillet 1999 ; et Deborah Spar, The Spotlight
and the Bottom Line: how multinationals export human rights, Foreign Affairs,
volume 77, n° 2, mars/avril 1998
(3) D'après la Conférence des Nations unies sur le commerce et
le développement (CNUCED), il y a actuellement dans le monde 60 000 entreprises
multinationales.
(4) Organisation de coopération et de développement économiques
(OCDE), "Corporate responsibility: private initiatives and public goals",
2001. Le chapitre 3 de cette étude analyse le contenu des codes du point
de vue des questions couvertes et des procédures d'application.
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