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Déclaration de politique générale
Application de règles
anti-évasion dans le domaine fiscal
Commission
des questions fiscales, 27 juin 2000
Version
anglaise
ICC fédère
plus de sept mille sociétés et associations, dans plus de 130
pays. En sa qualité d'organisation mondiale des entreprises, elle est
le seul porte-parole reconnu de la communauté économique à
s'exprimer au nom de tous les secteurs et de toutes les régions. Son
objectif est de défendre le commerce international, l'investissement
et le marché libre. Dans le domaine de la fiscalité internationale,
elle uvre de ce fait en faveur de l'élimination de la double imposition
et des autres obstacles qui entravent et faussent le commerce et l'investissement
internationaux en alourdissant les charges fiscales ou en créant des
incertitudes commerciales.
Exposé des faits
- Dans de nombreux pays,
les autorités fiscales ont de plus en plus tendance, pour le calcul
de l'impôt, à requalifier des transactions ou à les récuser,
en se fondant sur une interprétation parfois extrêmement large
de leurs règles anti-évasion. Ces requalifications s'accompagnent
aussi de plus en plus souvent des pénalités applicables en cas
de mauvaise foi ou de fraude fiscale.
- Au yeux d'ICC, il est
essentiel que les autorités fiscales comprennent que les entreprises,
afin d'être compétitives, doivent rechercher les moyens les plus
efficaces d'effectuer des transactions commerciales légitimes. Cette
nécessité est aujourd'hui plus pressante que jamais, en raison
de la mondialisation des entreprises et des économies. Nous pensons
que l'utilisation de règles fiscales anti-évasion entravant
la liberté des échanges internationaux est contre-productive,
et qu'il devrait y être mis fin.
- Bien que l'évasion
fiscale (contrairement à la fraude) ne soit pas interdite par la loi,
ICC reconnaît le droit des autorités fiscales de limiter la soustraction
délibérée de revenus au fisc et de prendre les mesures
qu'elles jugent utiles, dans le cadre du système juridique en vigueur
(règles spécifiques et/ou générales relatives
à l'abus de droit, ou l'équivalent). L'application de ces règles
doit cependant être raisonnable et équitable, et respecter en
toutes circonstances le principe fondamental de la sécurité
juridique, essentiel pour les entreprises.
Recommandations
- ICC appelle par conséquent
instamment les gouvernements à observer les principes suivants :
a) Les autorités
fiscales devraient respecter la forme des transactions commerciales légitimes,
même quand cette forme permet une réduction des coûts
fiscaux généraux. Les caractéristiques des décisions
commerciales légitimes devraient être définies de manière
large, dans un marché mondial en rapide évolution tiré
par la technologie.
b) Les règles
anti-évasion spécifiques doivent être suffisamment claires
et précises, afin que le contribuable puisse être certain qu'une
transaction qui est strictement conforme à la loi ne sera pas remise
en question. La lettre de la loi fiscale doit être pleinement respectée.
Il est inacceptable que les autorités fiscales, ou les services responsables
des enquêtes fiscales, prennent sur eux d'interpréter et/ou
d'appliquer une loi claire selon ce qu'ils considèrent être
son "esprit", si les tribunaux fiscaux du pays concerné
accordent à cet "esprit" un rôle beaucoup plus restreint
dans leur interprétation - et cela encore plus lorsque l'interprétation
administrative de la loi n'est pas publiée.
c) Si des règles
anti-évasion générales sont adoptées (abus de
droit, ou l'équivalent), le même besoin de sécurité
juridique exige le respect d'un certain nombre de principes :
i. L'application
de telles règles devrait se limiter à des cas exceptionnels
où il n'existe aucun contenu économique ni aucun motif commercial
intrinsèque à la transaction. Le contenu économique
est un critère commercial fondé sur tous les aspects de
la transaction et tout critère mécanique devrait être
évité.
ii. Les règles de procédure fiscale devraient être
appliquées de manière équitable et constante, et
l'inversion arbitraire de la charge de la preuve ne doit pas être
autorisée.
iii. Il est inacceptable que des mesures d'incitation fiscale spécifiquement
établies par la loi ou par la réglementation soient remises
en cause par le biais de règles "anti-abus". Le législateur
est à l'évidence en droit d'annuler de telles mesures, mais
l'effet ne devrait jamais être rétroactif.
iv. Aucune
transaction spécifiquement exclue d'une règle anti-évasion
spécifique ne devrait tomber sous le coup de règles générales.
Sinon, le principe de la sécurité juridique serait gravement
compromis (exemple : "règles de sous-capitalisation").
v. Les pays qui ont adopté des règles anti-évasion
générales devraient également prévoir un système
permettant au contribuable de vérifier à l'avance, dans
un délai raisonnable, qu'une transaction proposée ne sera
pas soumise à ces règles ("décisions préalables").
Les règles fiscales devraient aussi être suffisamment claires
pour que les lourdes contraintes de coût et de temps propres aux
décisions préalables ne soient à supporter que dans
des cas exceptionnels.
vi. Lorsque des États signataires de traités fiscaux
s'autorisent mutuellement à appliquer leurs règles anti-évasion,
ces règles devraient être clairement promulguées et
respecter le principe de l'égalité de traitement.
Document n° 180/434
27 juin 2000
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