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Déclaration
de politique générale
Recommandations
d'ICC pour des négociations de l'OMC sur la transparence des marchés
publics
rédigé
par la Commission des politiques du commerce et de l'investissement
Position d'ICC
ICC appelle une nouvelle fois les membres de l'OMC à convenir de
lancer officiellement des négociations en vue d'un accord multilatéral
contraignant visant à améliorer la transparence et l'équité
de la procédure dans les marchés publics. Un tel lancement
devrait pouvoir se faire, aux yeux d'ICC, dans le cadre du Programme de
Doha pour le développement.
Le secteur des marchés publics
Les biens et les services faisant l'objet de marchés publics représentent
près de 15 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, et
les procédures suivies pour leur passation constituent un modèle
pour tout le commerce effectué sur les marchés nationaux.
En conséquence, de nombreux États ont établi des
règles claires visant à assurer une concurrence loyale et
ouverte, à garantir la transparence, à éviter les
pots-de-vin et la corruption et, dans certains cas, à permettre
un commerce ouvert avec d'autres pays. La plupart de ces mêmes États
ont souscrit aux accords multinationaux exigeant des pratiques communes
en matière de marchés publics.
Parallèlement,
dans d'autres régions du monde, trop de pays conservent des systèmes
opaques et fermés. Le segment plus étroit des marchés
publics des pays qui n'appliquent ni les procédures transparentes
définies par l'accord plurilatéral de l'OMC sur les marchés
publics ni d'autres systèmes de passation de marchés transparents
est estimé à environ 5 % du PIB mondial.
Avantages de la transparence
La transparence induit une concurrence accrue et garantit une utilisation
efficace des finances publiques. L'accroissement de la concurrence contribue
quant à elle à améliorer la qualité et à
réduire les coûts. Le Brésil, par exemple, a estimé
à 20 %, soit environ 224 millions de dollars US par an, les économies
réalisées grâce à son nouveau système
électronique d'appel d'offres.
La transparence est l'un des éléments fondamentaux de règles
en matière de marchés publics encourageant l'intégrité,
conformes aux principes du droit et propres à inspirer confiance
aux contribuables, aux investisseurs et aux négociants. Les contribuables,
lorsqu'ils savent que les pratiques gouvernementales sont conformes à
l'éthique et gara
ntissent une utilisation à bon escient
des recettes fiscales, accordent à l'État plus de confiance
et de soutien. La transparence des procédures et la primauté
du droit attirent des investisseurs qui hésiteraient, face à
des procédures opaques, à investir localement dans la production,
la fourniture de services ou les coentreprises.
L'amélioration
de l'intégrité et l'augmentation des investissements peuvent
réduire la fuite des capitaux. La transparence encourage également
le commerce, car une concurrence accrue, avec un réservoir plus
important de soumissionnaires (tant nationaux qu'étrangers), contribue
à renforcer les entreprises. Et le renforcement des entreprises
nationales, voire des entreprises étrangères employant une
main-d'uvre locale, améliore leur capacité à
soumissionner aux appels d'offres pour des marchés publics étrangers
transparents, ce qui accroît les exportations et l'emploi local.
Situation actuelle
Les dispositions du paragraphe 26 de la Déclaration ministérielle
de Doha prévoient que des négociations sur la transparence
des marchés publics « auront lieu après la cinquième
session de la Conférence ministérielle sur la base d'une
décision qui sera prise, par consensus explicite, à cette
session sur les modalités des négociations ». Ces
négociations devront faire fond sur les progrès réalisés
au Groupe de travail de la transparence des marchés publics de
l'OMC établi à la conférence ministérielle
de Singapour de 1996, avec pour mission d'élaborer les éléments
en matière de transparence à inclure dans un futur accord.
Ces
dispositions prévoient en outre que les négociations seront
limitées aux aspects relatifs à la transparence et «
ne restreindront donc pas la possibilité pour les pays d'accorder
des préférences aux fournitures et fournisseurs nationaux
». Y figure également l'engagement de fournir « une
assistance technique et un soutien pour le renforcement des capacités
adéquats », à la fois pendant les négociations
et après leur conclusion.
L'ambition
de lancer des négociations formelles en septembre 2003 s'est heurtée
à l'échec de la conférence ministérielle de
Cancún. Par la suite, cependant, les membres de l'OMC semblent
avoir manifesté un soutien suffisant à des négociations
en vue d'un accord multilatéral sur la transparence des marchés
publics. Il est significatif que les membres de l'OMC soient apparemment
maintenant disposés à dissocier les « questions de
Singapour », afin de chercher à progresser sur chacune d'elles
à son rythme et à ses propres conditions.
Recommandations d'ICC
ICC considère que des négociations formelles en vue d'un
accord multilatéral sur la transparence des marchés publics
devraient être lancées au plus tôt et achevées
dans le cadre de la conclusion des négociations du cycle de Doha.
Les membres de l'OMC devraient envisager une approche coordonnée
du renforcement des capacités afin d'améliorer la transparence
des marchés publics, tout en lançant des négociations
formelles et limitées dans le temps. Le soutien pour le renforcement
des capacités et l'assistance technique devraient être accordés
une fois que les membres de l'OMC auront pris l'engagement ferme d'adopter
des règles transparentes contraignantes en matière de marchés
publics.
Au
minimum, les éléments suivants devraient être inclus
dans les disciplines de l'OMC relatives à la transparence des marchés
publics :
-
Publicité adéquate : Les appels d'offres devraient
être rendus publics en temps utile afin de permettre aux soumissionnaires
d'évaluer correctement les projets et de préparer leurs
offres. Les avis d'appel d'offres devraient être communiqués
au plan international, et prévoir un délai minimum de 60
jours à partir de la publication pour la soumission des offres.
Les informations relatives aux appels d'offres devraient être dans
l'idéal accessibles sur un unique site internet, afin que tous
les acteurs économiques puissent en avoir connaissance.
-
Neutralité des normes : Les caractéristiques techniques
devraient être définies de la manière le plus large
possible, afin que tous les soumissionnaires qualifiés aient leurs
chances. Les devis descriptifs devraient se référer à
des normes internationalement reconnues, lorsqu'elles existent, et des
normes de fonctionnement devraient être appliquées afin de
garantir que les produits équivalents soient considérés
de manière égale.
-
Spécification des critères : Les dossiers d'appel
d'offres devraient spécifier les facteurs qui seront pris en compte
en plus du prix pour l'évaluation des offres, ainsi que la formule
selon laquelle ils seront appliqués.
-
Confidentialité : Les règles en matière de
transparence devraient assurer la parfaite confidentialité des
informations fournie par les soumissionnaires. Rien dans l'Accord ne devrait
impliquer la divulgation publique d'informations commerciales légitimement
confidentielles.
-
Appels d'offres publics et ouverture publique des plis : Les dossiers
d'appel d'offres et pièces du marché devraient être
publiquement disponibles dans le pays adjudicateur, de préférence
dans
une langue couramment utilisée par les entreprises au plan
international. Conformément aux pratiques internationales de la
Banque mondiale et d'autres banques de développement multilatérales,
l'Accord devrait exiger que les plis soient ouverts en public, en présence
de tous les soumissionnaires. Cet élément est fondamental
pour la transparence, car il permet aux soumissionnaires de comprendre
les principaux critères de décision. Les lignes directrices
de la Banque mondiale relatives à l'ouverture publique des plis
devraient servir de base à la mise en uvre de cette exigence.
- Adjudication : Les gouvernements peuvent décider d'adjuger
un marché soit au moins disant des soumissionnaires répondant
aux normes minimums spécifiées soit à l'offre la
plus avantageuse en termes de « rapport qualité/prix ».
L'approche utilisée doit être précisée dès
le départ dans l'appel d'offres. L'existence de ces deux options
autorise différents types de marchés. L'adjudication de
la fourniture de crayons, par exemple, se fera vraisemblablement sur la
seule base du prix, tandis que l'acquisition d'ordinateurs pourra tenir
compte tant du prix que de différences fonctionnelles.
-
Recours interne : Les administrations contractantes devraient mettre
à la disposition des soumissionnaires non retenus un système
d'examen impartial et indépendant du respect des procédures
de passation de marchés. Il devrait exister des procédures
standard adéquates, définies par écrit, de réclamation
et de révision en cas de non-respect des règles. Ces procédures
devraient permettre un examen rapide des plaintes ainsi qu'une suspension
ou une réouverture du processus en cas de manquement aux règles
de transparence.
-
Règlement des différends : Un mécanisme de
règlement rapide des différends (par des consultations bilatérales)
devrait être établi afin que les acteurs économiques
puissent, en cas de manquement à l'accord sur la transparence,
disposer par l'intermédiaire de leur gouvernement d'une voie de
recours auprès de l'OMC. Le Mémorandum d'accord de l'OMC
sur le règlement des différends devrait s'appliquer aux
violations des dispositions de fond du futur accord. Le mécanisme
de règlement des différends de l'OMC devrait être
réservé aux problèmes systémiques de transparence
ou d'application inadéquate de l'Accord et ne devrait pas être
généralement utilisé pour rectifier un manque d'équité
dans des cas particuliers d'adjudication.
-
Protection de la propriété intellectuelle : Les droits
des soumissionnaires sur leurs données techniques et leurs brevets
doivent être protégés lors des procédures d'adjudication
des marchés publics. Les soumissions techniques devraient
être
considérées comme confidentielles. La communication indue
d'informations techniques confidentielles devrait être régie
par les dispositions pertinentes de l'Accord relatif aux aspects des droits
de propriété intellectuelle qui touchent au commerce et
du Mémorandum d'accord de l'OMC sur le règlement des différends.
-
Champ d'application : L'accord sur la transparence devrait définir
les marchés publics au sens le plus large du terme et s'appliquer
à l'acquisition de tous biens ou services sans exclusions a priori,
afin d'étendre autant que possible le champ des bénéfices
des règles de transparence.
-
Coopération et assistance technique : Tous les pays ont
à gagner à plus de transparence dans les marchés
publics. Certains membres de l'OMC (pays en développement et en
particulier pays les moins avancés) pourraient toutefois avoir
besoin d'une assistance financière et technique ciblée en
vue de mettre l'accord en uvre. Les pays ayant pris des engagements
fermes et contraignants devraient recevoir une assistance pour :
- l'élaboration des lois, règlements et procédures
administratives nécessaires à l'application du futur accord
;
- la formation des fonctionnaires responsables de l'application du futur
accord ; et
- le développement de ressources internet destinées à
faciliter la publication d'informations adéquates à l'intention
des soumissionnaires potentiels.
Les
disciplines en matière de transparence de l'OMC devraient s'appliquer
à l'ensemble des accords financiers et contractuels utilisés
par les gouvernements dans le cadre de marchés publics, y compris
les accords pour « bâtir, uvrer, transférer »
et autres accords contractuels de ce type. Les seuils d'application des
disciplines en matière de transparence devraient être conformes
aux dispositions de l'accord existant de l'OMC sur les marchés
publics.
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La
Chambre de commerce internationale (ICC)
ICC est l'organisation mondiale des entreprises. Elle est l'unique porte-parole
reconnu de la communauté économique à s'exprimer
au nom de tous les secteurs et de toutes les régions. Elle a pour
objectif de défendre un système mondial de commerce et d'investissement
ouvert, ainsi que les principes de l'économie de marché.
Cadres et experts des entreprises membres d'ICC travaillent à formuler
le point de vue de la communauté économique, tant sur de
grands problèmes touchant au commerce et à l'investissement
que sur des sujets techniques et sectoriels essentiels. Fondée
en 1919, ICC fédère aujourd'hui des milliers de sociétés
et d'associations économiques, dans plus de 130 pays.
9 juin 2004
Document 103 / 244 rev 3 FINAL
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